Hier, c’était le jour J, tant attendu : le référendum constitutionnel du 25 juillet, rendez- vous qui avait divisé l’opinion publique et fait couler beaucoup d’encre. Tout s’est passé dans une mouvance partisane à contre-courant.

Un antagonisme d’intérêts qui voudrait mettre le pays à feu et à sang. Ces derniers jours, les manipulations et manœuvres politiques des uns et des autres ont poussé le bouchon trop loin, versant dans l’anarchie et la provocation de la rue. En fait, dire « oui » ou « non » au projet de la nouvelle Constitution n’est qu’un libre choix qui exprime un droit de cité. L’essentiel est d’aller voter, afin d’exercer, à bon escient, sa citoyenneté dans une démocratie bien réelle. Vers 11h00, à l’école primaire Ibn-Mandhour, érigée en centre de vote à El Mourouj 1, un des quartiers les plus peuplés de Ben Arous, l’ambiance était, visiblement, plus qu’ordinaire. Et le nombre de citoyens n’a pas été aussi intéressant. Toutefois, semble-t-il, la grande chaleur n’a pas démoralisé les bonnes volontés. «L’affluence était, tout de même, acceptable », constate Montasser Kachroud, vice-président du centre. Ses chiffres sont là : « De 6h00 à 9h00 du matin, près de 385 électeurs ont été enregistrés ». Soit, estime-t-il, un taux de participation censé aller crescendo. Idem, ajoute- t-il, aucun abus ou infraction électorale n’ont été signalés. «Jusque-là, tout va très bien », commente-t-il. Jouda, octogénaire, est venue, elle aussi, voter. Volontiers, elle a dit avoir coché « oui » pour faire changer la donne. Mais aussi, à l’en croire, pour cracher sur le règne des bras cassés corrompus, opportunistes et politiquement impuissants. « Je vote aujourd’hui pour que demain soit meilleur… », nous déclare- t-elle à visage découvert.

Tendance à la hausse

Au sein des dix bureaux de vote aménagés, tout a été mis en œuvre. Urnes, encre indélébile, isoloirs, le décor électoral était bel et bien planté. La liste des inscrits est affichée à l’entrée. Sont aussi placardées, devant chaque bureau, les affichettes explicatives du scrutin et les étapes de son déroulement. De même, les agents de l’Isie étaient sur place pour veiller aux bonnes conditions de l’opération. Ils ont aidé les électeurs à trouver leurs noms sur la liste des inscrits et les bureaux de vote auxquels ils appartiennent. « Voter, c’est donner librement sa voix, sans la moindre forme de pression ou manipulation», ainsi s’exprime une jeune électrice autochtone, en train de chercher son nom sur la liste des inscrits. Au fur et à mesure, le jeune Kachroud, déjà formé pour l’occasion, tente de recueillir les dernières statistiques. Vers 15h00, le total a grimpé à plus de 1.200 votants, recense-t-il. Selon lui, d’ici à 22h00, date de fermeture du centre, les nouveaux arrivants inverseraient la tendance à la hausse. Côté observateurs, des représentants de la société civile étaient présents, en l’occurrence l’Atide, Mourakiboun, la Ltdh, le Mouvement des jeunes de Tunisie. A l’extérieur, militaires et forces de l’ordre ont été ainsi mobilisés pour la sécurité de ce premier référendum constitutionnel du 25 juillet, date commémorative de la proclamation, en 1957, de la République tunisienne.

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