Avec les outils de communication et au vu des messages relevés, l’indignation et la colère dépassent, à présent, les frontières du pays. 

En réaction au communiqué publié le 21 juillet 2022 sur sa page officielle Facebook, dans lequel le gouvernorat de Tunis a annoncé l’organisation d’une campagne d’abattages des chiens errants, la Fondation Brigitte Bardot dénonce la décision et appelle à une gestion éthique de la surpopulation animale.

Que se passe-t-il ?

En effet, la décision a été prise lors d’une rencontre organisée au siège du gouvernorat, par Kamel Fekih, gouverneur de Tunis, à la demande du ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, et en présence d’Abdel Majid Khalfallah, secrétaire général du gouvernorat.

Assistaient aussi à cette réunion : les maires des différentes communes du Grand-Tunis (Tunis, La Goulette, Sidi Bou Saïd et Carthage) ainsi que le responsable de la Division régionale de la police municipale. Selon ce même communiqué, il a été stipulé qu’il sera fait appel à des chasseurs pour appliquer cette décision, sous la supervision de l’Unité régionale de la police municipale et en coordination avec les municipalités, dans l’attente de création de Centres de stérilisations et vaccinations et d’aménagement de structures d’accueil, de type refuges, pour les animaux. Lors de cette rencontre, il a été aussi précisé que les municipalités devaient poursuivre les projets déjà initiés. Notons que celles-ci ont déjà débuté les programmes « TNVR » (Trap, Neuter, Vaccinate, Return) au sein de leurs territoires. L’objectif étant d’éliminer un maximum d’individus afin de protéger les citoyens et les touristes et préserver ‘’l’esthétique de la Capitale’’. Une décision jugée incompréhensible au vu de tous les efforts déployés par les associations et bénévoles qui s’étaient félicités des décisions de stopper les abattages dans les municipalités citées.

« Le risque de rage est bien réel mais il s’explique par la gestion de la problématique en la matière. Certes, des campagnes de vaccinations sont organisées dans le pays mais ne sont concernés que les animaux rattachés à des propriétaires, alors que les animaux des rues ne sont pas inclus dans ce programme. C’est pour cette raison que les Centres de vaccinations et de stérilisations ont été créés pour endiguer cette problématique de surpopulation animale et vacciner les chiens contre la rage… Comment, après des années d’immobilisme de la part des autorités pour freiner les naissances et parer à ce problème de santé publique, préfère-t-on encore opter pour des solutions aussi radicales et inhumaines ? Cette annonce a été accueillie par une avalanche de critiques émanant de la protection animale tunisienne qui n’a pas tardé à réagir à la publication », souligne Malika.Z, membre du collectif Tunisia Animals Voice.

Une mobilisation internationale

Face à cette situation, le groupe vétérinaires ‘’Vets Réseau d’Experts’’ a exhorté le gouvernement à abandonner ces méthodes et à encourager la généralisation du programme TNR sur tout le territoire. Pour leur part, l’APA de Sfax, l’association PAT et l’association Yasmine Azaiez Rescue ont déploré cette décision et ont appelé le gouvernement à revenir sur cette décision.

Idem pour le Collectif Tunisia Animals Voice qui a attiré l’attention à l’international sur son réseau Twitter où les réactions ne se sont pas fait attendre. Quant à la Fondation Brigitte Bardot, elle a réagi en incitant les internautes à faire part de leur indignation, par des envois de mails au ministre de l’Intérieur et au gouverneur de Tunis. L’ONG OIPA (Organisation internationale pour la protection animale) aussi réagi sur les réseaux sociaux, en exhortant à écrire au gouvernement.

Notons aussi que l’ONG European Link Coalition a reporté au Comité des droits de l’enfant à l’ONU les dernières vidéos d’abattages. La Tunisie bafoue ces droits en continuant à soumettre les enfants à ces violences, alors qu’en mai 2021, lors de l’audition de la délégation tunisienne par le Comité, la Tunisie s’était engagée à poursuivre ses efforts en la matière. L’ONG a également partagé sur son compte twitter sa désapprobation. « La protection animale a fait de tels progrès dans certaines parties du monde, que le traitement fait aux animaux est devenu un critère d’évaluation du degré de développement d’une société ou d’un pays.

Et, à l’heure où les nations s’élèvent en votant des lois pour protéger les animaux, notre pays est largement loin du compte…Comme le dit le physicien Alfred Kastler : ‘’Une société ne peut se dire ni civilisée ni socialement évoluée si elle ne respecte pas les animaux, et si elle ne prend pas leurs souffrances en considération’’ », regrette Malika.Z.

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Un commentaire

  1. Malika

    06/08/2022 à 17:21

    Merci à votre Rédaction pour cet article.
    Merci Mériem Khdimallah 🙏

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