Après la sortie de l’équipe nationale des moins de 20 ans en quarts de finale de la coupe arabe face à l’Algérie, l’heure de profonds changements à tous les niveaux a sonné

L’ Équipe nationale des moins de 20 ans, conduite par Najeh Toumi, n’a pas pu atteindre le carré d’as en Coupe arabe et a été obligée de plier bagages et de rentrer au bercail après avoir été éliminée en quart de finale par l’Algérie.  Une courte défaite par un but à zéro a mis fin un peu tôt à une aventure qui ne nous a pas fait vivre les joies de remporter un titre ou même d’une finale perdue, haut la main. Ça fait longtemps que nos équipes nationales des jeunes,  des Olympiques, n’ont pas réalisé de grandes performances dans les différentes compétitions arabes et africaines et ont montré qu’elles sont incapables d’être classées parmi les équipes de haut niveau et d’entrer dans la cour des grands. A chaque sortie prématurée d’une compétition sans atteindre les objectifs tracés, on s’est  contenté de tourner une page décevante sans évaluation profonde des causes de l’échec et sans projet de réformes pour reconstruire sur de nouvelles bases et repartir du bon pied. Ce n’est, donc, pas surprenant de voir les échecs se répéter et s’accumuler au point qu’on est près de jeter l’éponge et de se résigner à penser que monter sur le podium un jour est un objectif utopique. On ne reprochera pas à la FTF de ne pas avoir mis les gros moyens et réuni les meilleurs climats de préparation des compétitions à l’échelle africaine et arabe, mais tous ces efforts colossaux de dernière minute ne sont pas suffisants pour réunir toutes les conditions de réussite.

Une nouvelle politique de travail

La FTF et la Direction technique nationale doivent consentir de plus gros sacrifices financiers pour choisir les meilleurs staffs techniques élargis et de qualité à la tête de ces équipes nationales.  C’est de là que le travail de réforme de fond doit partir. Il y a des noms qui n’ont plus leur place pour être sélectionneurs des équipes jeunes contre vents et marées. Ils ont eu leur chance plus d’une fois et on leur a accordé plus d’un sursis, mais pour avoir, à chaque fois, échoué au but, il est grand temps pour eux de s’éclipser et de passer le relais. Les premiers critères de choix d’un sélectionneur pour un projet dans la durée, ce sont ses diplômes et son vécu. On ne peut plus continuer à confier nos équipes nationales jeunes à des «sans grade», sans grand vécu comme coaches d’équipes premières dans le championnat de haut niveau. Un Lassâad Dridi qui a fait ses preuves au ST, au CSS, à l’ESS et au CA, est un exemple parmi d’autres d’entraîneurs qui sont bons et aptes à prendre ces lourdes tâches et qui peuvent réussir là où d’autres ont échoué. Il est resté deux ans libre de tout engagement sans qu’on lui ait offert une chance d’être chef de staff d’une équipe nationale des jeunes. Il a été appelé tout récemment pour prendre en charge le club marocain, l’Olympique de Khourigba. D’autres entraîneurs sont sollicités dans les championnats algérien,  libyen et sont en train de faire du bon boulot. Sans parler de ceux qui font le bonheur de grandes équipes dans les championnats des pays du Golfe. Nabil Kouki, qui a fait un excellent travail au CSS et qui a prouvé ses qualités de meneur d’hommes qui mise beaucoup sur les jeunes talents, est la meilleure illustration de ces oiseaux rares qu’on laisse filer par manque de volonté de mettre le gros paquet. Avec une telle mentalité d’opter pour les «moins- disants» et les moins coûteux et de reléguer la compétence et l’expérience au second plan, on ne peut pas aller loin ni viser haut. On continuera de récolter ce qu’on sème et d’aligner les contre- performances et les désillusions.

Les championnats jeunes au cœur du problème

Les mauvais choix ne s’arrêtent pas aux staffs techniques très pauvres en nombre et en qualité, mais touchent aussi et principalement les championnats des catégories jeunes qui ne privilégient pas la formation et le jeu de qualité, mais tiennent avant tout à offrir aux clubs la compétition la moins coûteuse possible, régionalisée au maximum avec moins de déplacements et moins de dépenses. Les clubs qui dépensent des milliards pour la section vitrine qu’est l’équipe seniors serrent trop la ceinture quand il s’agit d’équipes jeunes et de formation de base. C’est la plus mauvaise et la moins rentable des politiques. Çela résume toute la mauvaise approche et la gestion peu méthodique de ces championnats qui tuent les compétitions au lieu d’en faire un réservoir d’éclosion et de perfectionnement des jeunes talents et un riche pourvoyeur en joueurs de qualité des équipes nationales. Il est grand temps de réinventer autre chose, de penser à de nouvelles formules avec des championnats de haut niveau  qui séparent les pros des amateurs et qui œuvrent pour le travail d’élite et pour le perfectionnement. Ça a un coût et ça demande de la volonté.  Sans ces deux révolutions devenues indispensables au niveau des staffs techniques des équipes nationales des jeunes et au niveau d’un championnat jeune appelé à dégager des jeunes talents mieux formés et plus compétitifs dans leurs clubs, on ne peut pas espérer ni même rêver de pouvoir rivaliser un jour avec des équipes qui ont des années d’avance sur nous et qui ont passé la vitesse supérieure.

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