• Le Président Kaïs Saïed annonce le lancement imminent d’une nouvelle réforme du système éducatif national
• Seuls les spécialistes et les experts de l’institution éducative seront associés à la réforme, loin des calculs et des agendas politiques
• Les citoyens, les hommes d’affaires et les composantes de la société civile invités à participer au financement de l’institution éducative

A la faveur du discours prononcé par le Président de la République, Kaïs Saïed, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du savoir, le débat sur la question de la réforme du système éducatif refait surface. Système dont les carences, les insuffisances et les dysfonctionnements actuels commandent, de  l’avis de tous les spécialistes et des experts en pédagogie, une refonte radicale dans l’objectif de permettre à l’institution éducative nationale, à travers ses trois étapes (école de base, enseignement secondaire et enseignement supérieur) de s’adapter aux normes internationales en matière de rentabilité, d’efficacité et surtout d’employabilité.

Le Président de la République a mis les points sur les i en disant le plus clairement du monde que l’institution éducative nationale a failli dans sa mission initiale depuis plus de 30 ans (l’époque de Ben Ali de la période qui a suivi la révolution dite la décennie noire), celle de former des générations imbues du sentiment patriotique et plus particulièrement attachées à servir leur pays, même si les moyens mis à leur disposition sont modestes et même si les attractions qui les ciblent sont difficiles à rejeter.

Une nouvelle réforme sous l’égide du Conseil supérieur de l’éducation

Et le Chef de l’Etat de passer en revue les errements et les erreurs commises lors des différentes opérations-réforme du système éducatif menées en Tunisie sous Bourguiba et Ben Ali et aussi à l’époque du Président défunt Béji Caïd Essebsi quand Néji Jalloul, l’ancien ministre de l’Education, a peaufiné une réforme qui n’a pas abouti, faute de l’accord du gouvernement Youssef Chahed et aussi parce qu’elle n’a pas reçu l’aval du Président défunt.

Kaïs Saïed a annoncé, par la même occasion, qu’il envisage de lancer, dans un délai qu’il n’a pas précisé, une opération-réforme du système éducatif, sous la supervision ou le pilotage du Conseil supérieur de l’éducation dont la création est programmée dans  la nouvelle Constitution adoptée par les électeurs lors du référendum du 25 juillet dernier.

Sauf que la réforme éducative promise par le Président de la République ne sera pas conduite ou effectuée sur la base des anciennes méthodes où tous ceux qui se proclament experts ou spécialistes participent et finissent par produire une copie impossible à mettre en application ou ne répondant à aucune des exigences de la modernité et de la performance, une copie répondant le plus souvent à des agendas idéologiques et cherchant à favoriser des calculs politiques étriqués.

Cette foi-ci, «la réforme éducative, souligne clairement le Chef de l’Etat, ne s’effectuera pas sur la base d’un dialogue qui sera dirigé par les experts qu’on connaît. Elle sera confiée aux experts appartenant à l’institution éducative et à elle seule pour penser la réforme et mettre à exécution ses différents choix, la finalité ambitionnée étant de tenir nos élèves, nos étudiants et nos cadres éducatifs et chercheurs à l’abri des agendas politiques.

Beaucoup d’observateurs même s’ils ne partagent pas certaines des analyses du Chef de l’Etat, en particulier sa condamnation des actes de ceux qui se sont alliés en une coalition contre nature pour s’opposer à son projet relatif à l’édification de la nouvelle République promise via le processus du 25 juillet 2021 et le référendum du 25 juillet 2022 sur la nouvelle Constitution, n’ont pas manqué de saluer l’approche sur la base de laquelle sera conduite la future réforme éducative qui sera la production exclusive des éducateurs, loin de toute intervention ou immixtion à caractère idéologique ou prétendument intellectuel.

Il reste, toutefois, à se poser la question: quelles ressources financières seront-elles mises à la disposition des concepteurs du prochain système éducatif?

L’appel lancé, lors de la Journée du savoir, par le ministre de l’Education aux hommes d’affaires, aux citoyens et aux composantes de la société civile pour participer au financement du système éducatif sera-t-il saisi, dans son acception citoyenne ou essayera-t-on de l’expliquer, comme certains n’ont pas déjà hésité à le clamer, comme une annonce de la part du gouvernement sur son intention de privatiser l’école tunisienne.

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