Si dans l’affiche, qui a attiré le public, Zied Gharsa était en ‘‘jebba’’ couleur pistache, c’est en ‘‘jebba’’ couleur bleu ciel que l’artiste s’est présenté sur scène jeudi soir au Théâtre romain de Carthage. Il entre sur scène en faisant un salut révérenciel pour le public. Zied Gharsa attaque la soirée avec une « wasla », suivie d’un « mouachah » dans la bonne tradition tunisienne.   

Le public, qui est venu en masse, écoutait avec beaucoup d’attention cette musique. Au début, on ne voyait que les éventails qui frétillaient. Ensuite, c’est « Al Kawnou ila jamaloukom » qui a entraîné le public dans un début d’émerveillement. Un public qui chante en chœur avec Zied Gharsa. Et puis, il y avait ses immenses salves de youyous qui émaillent ce répertoire appris par cœur et qui a enflammé le public. Et Zied Gharsa en redemande des youyous ! Et les femmes s’époumonaient pour lui répondre. Impressionnant le son de ces youyous au Théâtre romain …Une immense forêt où tous les oiseaux s’égosillent.

Zied Gharsa s’adressera, ensuite, au public pour déclarer : « C’est grâce à vous que la musique tunisienne survit; vous êtes le nerf qui irrigue le cœur des artistes ». Un public qui remplit les gradins et qui a assuré jusqu’à la fin du spectacle. Un public qui a vu ses attentes comblées, car il a écouté le ‘‘Malouf’’, d’autres chansons tunisiennes par la main et la voix d’un maître, un public  qui a aussi retrouvé ses repères des fêtes privées où les familles se rencontrent dans la joie. « Joie », « farha » est d’ailleurs le titre de ce spectacle. « Farha » contient quatre nouvelles   productions, le reste est entre, ‘‘malouf’’ et chansons tunisiennes, et Zied Gharsa n’oublie pas de rendre des hommages, comme à Ali Riahi avec « Yalli dhalemni », « Yaichha wikhaleha » et « Ena kettir ». L’artiste note aussi que la Wasla et le mouachah du début de la soirée sont chantés pour la première fois à Carthage.

Une soirée où la musique tunisienne a prouvé qu’elle n’est pas en train de trépasser, qu’elle a son public et ses artistes qui tentent d’assurer la transmission, tout en modernisant le ‘‘malouf’’. Car le ‘‘malouf’’ interprété dans ce spectacle est écrit différemment et de manière fluide.  D’ailleurs Zied Gharsa nous déclarera dans une interview pour La Presse en 2019 : « Effectivement, je suis en train de moderniser le ‘‘malouf’’ sur le côté technique. J’essaie de lui donner une écriture moderne qui sort de la monotonie avec une évolution sur le plan de la troupe. Je suis en train de composer du ‘‘malouf’’ en le rendant plus souple et plus accessible à tout le monde, mais de manière très élégante. Le Malouf a acquis un public de plus en plus nombreux ». 

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