Pour être sélectionneur des jeunes, il ne suffit pas d’être ex-grand joueur international, ou diplômé. L’idéal, et comme ça se fait dans les grandes nations du football, c’est d’avoir un profil qui allie vécu de joueur international à celui, diplômé, mais le tout en ayant une expérience d’entraîneur. C’est-à-dire quelqu’un qui a excercé avant comme entraîneur de jeunes et gagné et a aidé à former des joueurs de qualité. Et on peut même (surtout) penser à un entraîneur qui a réussi dans une première équipe de haut niveau pour prendre en charge une sélection cadette ou olympique. Bien sûr que dans certains pays et fédérations, il y a la priorité pour les ex-internationaux reconvertis en entraîneurs. Même faute de vécu et de clubs entraînés, on lui fait confiance en lui confiant un staff riche en formateurs et spécialistes. L’idée ici est qu’un sélectionneur de jeunes n’est pas forcément un formateur qui travaille les aptitudes individuelles et la culture tactique d’un joueur cadet ou junior. Ça se fait dans les clubs ou dans les centres de formation régionaux. En sélection, ces cadets et juniors ont toujours besoin d’un apprentissage, mais en même temps, ils essayent de gagner en maturité, en sens tactique, en capacité à jouer sous pression. C’est pourquoi on recrute un nom connu pour diriger une sélection de jeunes. Il peut même ne pas avoir la casquette de formateur. Ce n’est pas un mauvais profil pourvu qu’il ait gagné des titres et aidé à découvrir des joueurs talentueux. En tout cas, un profil de quelqu’un qui a réussi, qui se fait respecter par son CV sérieux et par son leadership.

Du côté de nos sélections des jeunes, la tradition (mauvaise) veut qu’on s’adresse en premier lieu aux ex-internationaux qui, même sans bagage académique, ont carte blanche pour apprendre et progresser. Résultat, plein de générations de cadets et juniors ont été victimes de ce choix complaisant. Dans la plupart des cas, pour obtenir le poste de sélectionneur des jeunes, il faut être ami, proche et dans le cercle restreint des décideurs. On a essayé d’ex-internationaux, des entraîneurs diplômés mais peu connus et sans grand vécu, on a aussi (moins fréquemment) opté pour certains entraîneurs de grand calibre, mais souvent, les résultats n’ont pas suivi. C’est qu’en arrivant en sélection, ces cadets et juniors traînent avec eux des années d’imperfections et de travail bâclé! Trop tard pour se rattraper !

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