L’idée d’un emploi à vie dans le public et aussi dans le privé désormais révolue, ceux et celles qui se présentent sur le marché du travail tunisien n’ont pas, en revanche, les outils et l’accompagnement nécessaires pour se prendre en charge. Une partie de cette demande d’emploi est dirigée vers la création de projets en vue de soulager l’Etat. Ces demandeurs d’emploi, au lieu de chercher un poste de travail, se prennent en charge, créent leurs sociétés et embauchent d’autres personnes. L’idée, si classique soit-elle, n’est pas totalement ancrée dans la société tunisienne. Jusqu’à aujourd’hui, il y a une réticence à cette idée pour diverses raisons : la sécurité et la peur de prendre des risques et d’échouer, les procédures administratives lourdes et décourageantes, les gammes de financement pas encore faciles et assez coûteuses, la stagnation économique… Bref, on n’a pas encore réussi à libérer l’initiative et à faire de l’entrepreneuriat un levier de croissance et de création d’emplois. Certes, des pas ont été accomplis avec des projets rentables et aboutissants sur certains secteurs tels que le digital, le numérique, les services,  la livraison, l’agriculture bio, mais il y a aussi un taux d’échec considérable et il y a encore cette appréhension à emprunter cette voie.

Nous sommes appelés à mieux accompagner ces créateurs de projets et à leur offrir toutes les garanties de succès sur un marché tunisien désordonné et où le «noir» accapare une grande partie. Pour inciter les demandeurs d’emploi à aider l’Etat à créer des emplois, il faut que ce dernier leur rende plus et mieux l’ascenseur en finançant plus de projets et en instaurant des incitations fiscales sur 5 ans pour lever toutes les peurs légitimes chez ces nouveaux aventuriers. Ce n’est pas facile d’affronter le marché et la concurrence et de gérer une société quand il y a une pression et une administration encore classique et peu réactive. Ces jeunes entrepreneurs représentent un espoir qu’il ne faut pas négliger. Toutes ces lois et mesures dictées pour encourager la création d’entreprises se heurtent à la dure réalité et aux obstacles de tous les jours. Il suffit de plus de liberté d’action et moins de charges et de procédures pour que l’expérience soit réussie. En tout cas, ce n’est plus un choix, c’est une obligation au vu des restrictions imposées à l’Etat en matière d’embauche.

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