«As-tu pris ta convocation ? Concentre-toi bien mon fils, et prends ton temps pour répondre à toutes les questions. Ne t’inquiète pas, l’examen ne sera pas difficile puisque tu as révisé tes cours régulièrement tout au long de l’année», lança une jeune maman à son fils à leur arrivée à la porte principale du collège 18 Janvier à l’Ariana
Le petit garçon, l’air hébété et un peu gêné par cette rafale de recommandations et conseils prodigués par sa mère et par l’excès de poids, injustifiable, de son cartable, s’apprête à franchir rapidement le centre d’examen pour passer l’épreuve d’arabe, première épreuve de l’examen du certificat de fin de l’enseignement de base, plus connu sous le nom du concours de la «9ème» qui a démarré hier matin.
Quelques minutes avant le début des épreuves, les élèves se sont dirigés vers les salles de classe. Plus personne à l’extérieur à l’exception de trois agents de sécurité devant la porte d’entrée de cet établissement qui a accueilli l’ensemble des candidats du gouvernorat de l’Ariana. Peu après le démarrage des épreuves, les responsables du centre d’examen semblent reprendre leur souffle et vaquent à leurs occupations : certains manipulent leurs téléphones et d’autres se sont isolés pour discuter des compétitions de la Coupe d’Afrique des Nations.
Evoquant la nature de ce concours et la participation des candidats, un responsable au centre d’examen n’a pas caché sa déception. « Le nombre des candidats connaît chaque année une baisse remarquable. Et d’ajouter : «En 2002, ce concours est devenu facultatif et a perdu de son prestige». Il a également appelé à introduire des réformes pour réhabiliter ce concours lors des prochaines sessions.
Découragés, certains élèves ont préféré quitter la salle d’examen silencieusement pour ne pas perturber les autres candidats. Une fois la porte du centre dépassée, les chuchotements des élèves se transforment en un mélange, désagréable, de fous rires et de hurlements.
Le jeune candidat Louay Abid a déclaré à la sortie du centre d’examen: « Je n’avais pas le choix, mes parents m’ont obligé à passer ce concours. Tant que ma moyenne générale au cours de l’année me garantit le passage de classe, je ne me soucie pas du résultat». Il a même incité son camarade à ne pas passer l’épreuve des mathématiques prévue pour le lendemain.
Un groupe de candidats qui étaient en train de discuter du sujet d’examen se sont déclarés satisfaits et rassurés. Un élève a confirmé avec joie : «L’épreuve n’est pas difficile, il suffisait de se concentrer pour bien comprendre les questions et rédiger une réponse cohérente et précise». «Personnellement, j’ai réussi mon premier examen et ça me rend optimiste parce qu’en continuant sur cette lancée, les portes du lycée pilote me seront grandes ouvertes, a-t-il dit.
La cloche sonne. Toutes les salles se vident. Les surveillants ramènent les copies au bureau du directeur du centre d’examen qui a refusé de faire des déclarations médiatiques conformément aux directives du ministère de tutelle.

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