L’actuelle n°2 du circuit reste sur un goût d’inachevé après son deuxième échec en finale de grand chelem. Mais elle devra positiver, ce qui se passe pour elle relève du miracle. Merci Ons.

Deux mois d’intervalle, mais pratiquement la même image: Ons Jabeur, battue en finale de Wimbledon puis avant-hier à l’USOpen, est si émue et limite en pleurs.

Même son discours devant le public n’a pas changé : remerciements au public et à son staff, l’espoir de rester un modèle sportif pour d’autres joueuses. Ons Jabeur n’a pas gagné et c’est une frustration, car sa victoire même devant la machine Swiatek (qui a retrouvé son savoir-gagner et son intelligence dans le jeu) n’aurait pas été une surprise. Nous aussi, supporteurs et fans tunisiens et autres, sommes déçus, car Ons Jabeur était cette année au summum de son art.

Jouer deux finales de grand chelem en deux mois, personne n’aurait cru cela l’année dernière. Et se positionner à la seconde place du classement WTA  est aussi un miracle sportif pour cette joueuse récompensée tard de son talent fou et de ses progrès. Avant-hier, Ons Jabeur avait été emportée par la peur de perdre. C’était visible au premier set facilement gagné  par Swiatek 6/2.

Au second set, départ poussif et la Polonaise était tout près de filer facilement vers la victoire mais Ons revient grâce à plus de variation dans les coups en provoquant des erreurs du côté de Swiatek. Mais ces grandes finales se jouent sur des détails. A 4-4, elle avait la possibilité de prendre un avantage au score sur le service de la Polonaise, elle ne l’a pas fait. Au tie-break, elle a craqué au pire des moments, alors qu’elle avait le service. Ce n’était pas si loin ce 2e set qui va à Swiatek, vainqueur final et qui a confirmé sa suprématie sur le circuit féminin en 2022.

Triomphe et fierté

Pour valoriser ce que Ons Jabeur a fait, il faut revenir assez loin. En 2011, elle remporte le Roland-Garros Junior et on croyait qu’elle va passer à la cour des grandes joueuses. Mais, malheureusement, elle stagne à cause des mauvais choix pris et de l’absence d’encadrement.

Elle a perdu 5 ou 6 années à jouer dans les petits tournois et à gérer une série de blessures sans moyens.

Ce n’est que seulement en 2018 qu’elle atteint finalement le haut niveau et retrouve la place qu’elle mérite.

Cette finale perdue à Moscou était son heure de vérité qui a sonné. Même si elle n’a pas eu de titres, on voyait qu’à partir de 2019 et 2020, elle fait le saut qui devait être fait avant. De moins en moins blessée, une préparation plus soutenue, et surtout un mental redressé et bien géré, l’effet se produit en 2021.

C’est atypique qu’une joueuse de tennis fasse un bond après l’âge de 25 ans mais Ons Jabeur l’a fait. Tout simplement, parce qu’elle a un talent fou, des qualités techniques variées que rares sont les joueuses qui  en ont. Quand on voit où elle en est arrivée, on ne peut  que rester admiratif. Son style de jeu qui allie puissance, sobriété et prouesses techniques, fait d’elle l’adversaire que toutes les joueuses du Top 10 redoutent. Malheureusement, on n’est pas complètement satisfait, quelque chose reste en travers de  la gorge mais c’est le tennis, c’est la loi du tennis. Le tableau est rayonnant : Ons Jabeur doit positiver et rester sur ce palier performant. Les titres, elle commence à les gagner, le grand chelem arrivera un jour. Il suffit d’y croire.

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