Cela aurait mérité une fumée blanche pour annoncer l’évènement si attendu. Car ce Macam, musée d’art moderne et contemporain, on en a rêvé, on l’a souhaité, espéré, attendu, avant de presqu’en désespérer. Car il faut avouer que le projet était devenu une véritable arlésienne : tout le monde en parlait, personne n’en voyait rien !   

Quelques flashes cependant, quelques expositions éphémères nous laissant sur notre faim, des travaux faits et refaits, des modifications entreprises et annulées, des décisions prises et reniées. Bref, c’était devenu un nœud difficilement solvable, et un projet dont on ne savait plus par quel bout le prendre.

Aussi, quand on décida de l’ouvrir coûte que coûte à l’occasion de  la  Ticad, car il fallait avouer que le Bardo et Carthage fermés, une capitale sans musée, cela faisait désordre, ne faisons pas la fine bouche, et réjouissons- nous. Le musée existe, et c’est une belle victoire. Bien sûr, les puristes discuteront du sexe des anges, les pinailleurs trouveront à redire, on critiquera tout et n’importe quoi. Bien sûr, tout est perfectible, et si les critiques sont positives, il faudra en tenir compte.

Mais aujourd’hui, le musée existe, il est beau, cohérent, riche de belles collections, convivial et structuré. Et surtout, il représente une belle gageure car il a été ouvert en un temps record.

Un thème pour cette exposition d’ouverture, structuré en quatre axes, et déployé sur trois salles :  « L’Histoire de l’art en Tunisie de 1850 à 2020».

On démarre l’exposition par « Les Fondements de l’art moderne », couvrant plus d’un siècle, de 1850 à 1960 à peu près. Cette période présente les pionniers de la peinture, les membres de l’Ecole de Tunis…

Le deuxième axe choisi présentera  « Les Nouvelles tendances », soit différents mouvements et groupes réunissant peintres abstraits, mouvements rebelles, artistes inspirés de la calligraphie, peintres naïfs…

Le troisième axe est une « Ouverture sur la diversité » et couvre la période allant de 2000 à 2020. On y présente des tapisseries, dont la période fut féconde, des techniques mixtes…

Enfin, dans la seconde salle située à l’étage, et qui sera consacrée plus tard aux expositions temporaires, on présente aujourd’hui « La Créativité dans les différentes techniques », c’est-à-dire la photo, la céramique, la sculpture et la gravure.

Les 400 œuvres sélectionnées parmi les collections de l‘Etat l’ont été selon un parti pris particulier : non de manière chronologique, non plus que d’un choix de qualité, mais de celle que l’on estime avoir constitué le point de départ du travail de l’artiste. Alors, bien sûr, si certains artistes ont remarquablement évolué depuis ce point de départ, d’autres ne réussissent pas à s’égaler eux-mêmes, et la confrontation d’hier et aujourd’hui est
quelquefois décevante.

Les salles, intelligemment structurées par des panneaux de belle hauteur, affichent des couleurs chaudes qui mettent en valeur les œuvres. L’accrochage est harmonieux et cohérent. L’éclairage cependant mérite d’être corrigé, peut-être en descendant les rampes à une hauteur moindre. Et la signalétique à développer.

Un livre est à paraître incessamment, édité en trois langues, qui présentera l’histoire de l’art en Tunisie, dont les illustrations reprennent de nombreux tableaux de l’exposition.A présent, l’essentiel, incontestablement, est d’attirer le public dans ce musée par une bonne communication. On rêve de jeunes publics faisant la queue. Et on a déjà vu que c’était possible.

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Charger plus par Alya HAMZA
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Un commentaire

  1. Habib Ben Salha

    22/09/2022 à 17:27

    Bravo Chère Alya
    C’est une belle indiscrétion. On ne peut pas mieux rater !
    HBS

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