IL est un dossier national qui a valeur de préoccupation prioritaire devant bénéficier de l’intérêt et du suivi permanents non seulement des initiés, des professionnels et des autorités publiques, mais aussi de l’ensemble du paysage politique et civil national, toutes tendances et appartenances intellectuelles confondues.

Il s’agit, en effet, des menaces sérieuses que vit quotidiennement le secteur de la presse écrite et électronique, menaces qui vont jusqu’à la disparition pratiquement déjà programmée de certains journaux, plus particulièrement des quotidiens, considérés aussi bien à l’époque anté-révolution que celle post-révolution comme le fleuron de la presse nationale et le réceptacle de la mémoire historique et civilisationnelle des Tunisiens et des Tunisiennes, au vu du rôle fondamental qu’ils ont assumé tout au long de la lutte pour la libération nationale, de l’épopée relative à l’édification de l’Etat moderne et, enfin, en accompagnant positivement la révolution de la liberté et de la dignité et la conduite de la transition démocratique.

Aujourd’hui, malheureusement, tous ces médias, principalement les quotidiens de la presse écrite et aussi plusieurs journaux électroniques risquent de disparaître purement et simplement, faute de pouvoir résister à deux phénomènes essentiels: l’incapacité financière de pouvoir continuer à paraître dans une situation marquée par la hausse vertigineuse du prix du papier dans le monde entier, d’une part, et la pénurie effrayante du nombre de lecteurs, d’autre part, du fait de la concurrence déloyale et impossible à soutenir imposée par les réseaux sociaux qui accaparent le marché sans que personne  ni aucune institution ne puisse rivaliser avec leur production ou contester leur mainmise sur le secteur.

Et s’il y a un mérite et non des moindres à reconnaître au gouvernement Najla Bouden et à saluer à sa juste valeur, c’est bien sa décision annoncée au début de la semaine qui vient de s’écouler de mettre au point, parmi ses priorités urgentes, une stratégie visant à opérer la réforme tant attendue et revendiquée de l’information publique avec pour objectif de redonner aux entreprises et aux journaux de la presse écrite l’aura et le prestige dont ils ont bénéficié jusqu’à une époque très récente et de leur baliser la voie pour qu’ils accomplissent, dans les règles de l’art et conformément aux normes en vigueur dans les pays démocratiques, la mission qui leur est dévolue dans les étapes d’édification du devenir des nations.

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