Pure coïncidence ou vaine tentative émanant de certaines parties visant à tirer profit des agitations nocturnes à Mornag et de les exporter vers d’autres communes ou plutôt vers des quartiers populaires ? Même si la manipulation n’est pas à écarter et reste, à l’approche des législatives, l’une des armes les plus favorisées pour des partis politiques éjectés par un antisystème mis en route par le locataire de Carthage depuis le 25 juillet 2021, les décideurs qui règnent en maîtres aujourd’hui sont appelés à la vigilance constante et à l’évaluation objective des réalisations pour éviter l’embrasement total

De graves incidents ont éclaté entre les unités sécuritaires et des manifestants à Mornag (gouvernorat de Ben Arous), ce dimanche soir 25 juillet et à la même heure et même jour des manifestants ont sillonné les artères de Douar Hicher (gouvernorat de La Manouba) pour protester contre la cherté de la vie. D’aucuns n’ignorent que la grogne monte d’un cran dans certains quartiers populaires suite à une affligeante et consternante flambée des prix des produits alimentaires et la pénurie d’approvisionnement d’autres denrées de première nécessité, dont l’huile végétale subventionnée, le sucre et le café. 

Certaines parties s’en frottent déjà les mains et poussent en catimini à l’escalade. Ceci ne doit pas pour autant pousser le gouvernement actuel à se contenter de pointer du doigt les pêcheurs en eau trouble, de botter en touche et se calfeutrer dans un mutisme qui ne fera qu’attiser la colère des citoyens et creuser le fossé des inégalités sociales.

A Mornag, un remake du cas Mohamed Bouazizi ?

Dans cette ville située au gouvernorat de Ben Arous à 16 km au sud de la capitale Tunis, un jeune vendeur ambulant s’est suicidé ce samedi 24 septembre par pendaison. Selon certaines sources concordantes, le jeune vendeur de fruits a commis son acte de suicide suite à la saisie de sa balance par la police municipale. Un remake du cas Mohamed Bouazizi, décédé en janvier 2011 suite à sa tentative de suicide par immolation. Un incident qui a causé la chute du régime de l’ancien président Ben Ali, mais n’a pas pour autant mis fin au calvaire des vendeurs ambulants et n’a pas réussi à établir un brin de justice sociale.

Des incidents nocturnes ont éclaté ce dimanche 25 septembre entre des forces de sécurité et un groupe de jeunes manifestants dans la ville de Mornag où les forces de sécurité ont utilisé le gaz lacrymogène pour disperser les manifestants présents sur le long de l’artère principale de la ville. Selon l’agence TAP, ces derniers ont bloqué la rue et incendié des pneus. D’après des témoins sur les lieux, les manifestants ont scandé des slogans se rapportant à des revendications sociales.

De son côté, le ministère de l’Intérieur avait expliqué dans un communiqué rendu public qu’une enquête a été ouverte en vue d’élucider  les circonstances de ce suicide. Contrairement à ce qui a été relayé sur les réseaux sociaux,  la victime avait, toujours d’après le ministère, «de gros problèmes familiaux», selon les premiers éléments de l’enquête.

La même source ajoute que la victime exploitait un étalage anarchique, en dehors du marché municipal de Mornag et qu’elle a été avertie et sommée de régler sa situation avec les services municipaux suite à la décision prise par le président de la municipalité le 21 septembre 2022. Les services concernés se sont contentés de confisquer sa balance électronique en application à la décision municipale.

Il est toutefois utile de rappeler que le président de la municipalité, Amor Harbaoui, qui n’a fait qu’appliquer à la lettre la loi, a été entendu dans le cadre de l’enquête ouverte et a été relâché dans un premier temps avant d’être arrêté à nouveau, selon une déclaration radiophonique du président de la Fédération tunisienne des municipalités, Adnane Bouassida. Ce dernier a qualifié l’arrestation du maire d’abusive. 

Du côté de la famille de la victime, on demande la poursuite en justice des agents de la police municipale.

Douar Hicher: protestations et pneus brûlés 

Dans la même soirée de ce dimanche, à Douar Hicher, gouvernorat de La Manouba, autre commune où la marginalité urbaine est plus manifeste, plusieurs citoyens se sont rassemblés pour protester contre la hausse des prix et revendiquer le développement, l’emploi et l’amélioration des conditions de vie. Les mêmes revendications des jeunes à l’aube d’une révolution qui a pourtant promis monts et merveilles aux classes démunies.

Les protestataires ont sillonné les principales artères de la commune, brûlé des pneus et se sont rassemblés devant l’hôpital local. A cette occasion, le coordinateur du  Mouvement contre la marginalisation sociale de Douar Hicher, Ali Bouzouzia, a déclaré que «les  revendications ne sont aucunement politiques. Les familles pauvres de la région revendiquent essentiellement des emplois pour les chômeurs, des carnets de soins, des autorisations d’exploitation des locaux de vente de tabac, des autorisations d’exercice du transport public routier non régulier (transport collectif), l’amélioration des habitats sociaux, l’amélioration des services sanitaires et l’attribution de lotissements agricoles aux jeunes chômeurs de la région», a rapporté  la TAP.

Pure coïncidence ou vaine tentative émanant de certaines parties visant à tirer profit des agitations nocturnes à Mornag et de les exporter  vers d’autres  communes ou plutôt vers des quartiers populaires ? Même si  la manipulation n’est pas à écarter et reste, à l’approche des législatives, l’une des armes les plus favorisées pour des partis politiques éjectés par un antisystème mis en route par le locataire de Carthage depuis le 25 juillet 2021, les décideurs qui règnent en maîtres aujourd’hui sont appelés à la vigilance constante et à l’évaluation objective des réalisations pour éviter l’embrasement total.

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