Le naufrage des Aigles de Carthage au Parc des Princes a montré que nous sommes encore très loin du haut niveau. A cinquante jours du Mondial, le constat est dur et de mauvais augure.

Plus que la lourde note (5 buts à 1), c’est la manière de décliner face à un géant du football mondial qui a fait mal et qui laissera de profondes traces. Le spectacle de cette débâcle n’était pas beau à voir. Dans l’entourage de la sélection, on regrette sans doute avec force d’avoir choisi de se mesurer à une sélection brésilienne qui sera l’un des principaux favoris du Mondial et qui fait des travaux d’Hercule pour reconquérir le titre qui lui échappe depuis 20 ans. Regrets tardifs car la porcelaine est cassée et on aura grand mal à en recoller les morceaux, à soigner et à retrouver un moral tout neuf. Faute de temps et faute aussi d’effectif de grande valeur et de staff à la hauteur des ambitions que nous caressons. Jalel Kadri a pris le haut risque, face à un adversaire plus fort et mieux outillé en talents et qui dispose de très bons éléments offensifs, d’abandonner le positionnement attentiste habituel de l’équipe avec jeu en contre et remontées fulgurantes de balle pour opter à un bloc médium, pas très loin du pressing haut, qui a laissé trop d’espaces dans nos derniers trente mètres et a donné la possibilité aux rapides et redoutables Brésiliens de nous attaquer dans les intervalles et de se déjouer avec une facilité déconcertante de notre axe défensif, de nous mettre cinq buts et d’en rater presque autant. Même Didier Deschamps en a été fortement surpris et n’en croyait pas ses yeux dans les tribunes de voir l’équipe de Tunisie opter pour une telle stratégie de jeu suicidaire que lui-même, à la tête de l’équipe de France, avec son contingent de joueurs d’exception, n’oserait jamais essayer face à la Seleçao. Comment Jalel Kadri a pu tomber dans un tel piège qui s’est refermé sur lui et sur sa bande, et leur a fait subir cette cruelle humiliation? Aucune explication et aucune réponse ne peuvent justifier un tel coaching raté sur toute la ligne.

Mauvais casting

Le onze de départ aligné était annonciateur de cette terrible soirée pour les fans de l’équipe de Tunisie au Parc des Princes. Plusieurs nouveautés dans la formation de départ ont surpris et nous ont laissés perplexes. Radhouane Ben Ouannes, de nature pivot et un bleu au poste de défenseur, est titularisé au poste de latéral gauche, alors que Ali Abdi, le polyvalent, était le plus pressenti, au cas où il aurait fallu ménager pour une raison ou une autre Ali Mâaloul. Résultat : un boulevard offert aux Brésiliens sur ce couloir où ils se sont donnés à cœur joie pour multiplier les percées et les dédoublements. Avec une défense à quatre, la couverture des espaces laissés par un latéral hors du coup et errant est difficile à assurer. Ghaylane Châalali est, lui, lancé dans le bain comme troisième milieu récupérateur, alors qu’il n’est pas bien en jambes pour manque de compétition depuis des mois à la place de Ferjani Sassi, plus en forme et plus compétitif. La même remarque vaut pour Youssef Msakni, le titulaire surprise après sa blessure et une longue période d’inactivité. Wahbi Khazri et Naïm Sliti ont fait les sacrifices de ce choix plus que discutable et l’animation offensive en a beaucoup souffert. Taha Yassine Khénissi, le seul attaquant de pointe qui rassure en ce moment, qui sait jouer à l’affût et dans les intervalles, est laissé sur le banc pour céder la place à Seifeddine Jaziri, moins opportuniste et mois fort sur les deuxièmes balles ou dans les surgissements au premier poteau et dans le dos de la défense adverse. Statique et peu remuant, il a été pratiquement inexistant. La solution Issam Jebali, pourtant plus logique, a été tout bonnement et incompréhensiblement écartée. Ce très mauvais casting de départ de Jalel Kadri qui a chamboulé à tort et à travers sa formation, ajouté au choix inexplicable d’une stratégie de jeu ouvert et audacieux assez surprenante devant un adversaire qui impose respect, prudence, jeu plus réfléchi et plus équilibré et réalisme, ce choix l’a conduit, lui et ses hommes, à un naufrage tactique qui aura des répercussions néfastes sur le moral de son groupe et sur le reste du programme de préparation du Mondial.

A moins de deux mois de l’entrée dans le vif du sujet, c’est triste d’arriver après ce match contre le Brésil à l’amère conclusion qu’on n’a pas encore une équipe capable de jouer le très haut niveau.

crédit photo : © Mokhar HMIMA
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Un commentaire

  1. Fabio junior borges abrile

    30/09/2022 à 04:09

    Vocês erraram quando tentaram humilhar os jogadores brasileiros, nos brasileiros jogamos 2 vezes mais quando somos provocados e 10x mais quando humilham nosso povo. Vocês perderam para o nosso talento e o nosso show foi devido a suas atitudes. Voces foram racistas, vairam nosso hino, atacaram nossos jogadores e sucubiram sobre nossa furia que devolveu tudo no futebol. nosso povo é assim resolvemos da maneira como deve ser resolvida, neste caso, com nosso talento.
    You were wrong when you played humiliating Brazilian players, in Brazilians 2 times more when we are provoked and 10 times more when humiliating our people. You owe it to our talent and our show was due to your attitudes

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