Selon l’Office des Tunisiens à l’étranger (OTE), la totalité des transferts en devises effectués par les Tunisiens résidant à l’étranger s’élève à 8.599 millions de dinars, dont la plupart (86.9%) de pays européens, comme la France (44.2%), l’Allemagne (16.9%) et l’Italie (13.5%). Ces chiffres reflètent l’importance de la contribution de la diaspora tunisienne à l’économie nationale. C’est pourquoi, il est temps d’accorder à cette catégorie de Tunisiens une attention particulière pour mieux canaliser le flux de leur apport au développement national en prenant des formes plus élaborées. En effet, la diaspora tunisienne qui représente 12 % de la population, soit 1,3 million de personnes, observe une volonté d’implication croissante sur le plan économique depuis la révolution tunisienne. A cet effet, il y a lieu de signaler que le montant des transferts de la communauté tunisienne à l’étranger a dépassé les quatre milliards de dinars, soit près de 5,6 % du PIB.

Certes, pour le moment, une part importante de ces transferts est dédiée à la consommation courante, l’éducation, la santé, voire à l’épargne, néanmoins, une part peu significative est dédiée à l’investissement productif. D’où l’importance de mieux exploiter le potentiel que représente la diaspora pour le développement économique.

D’autant plus que la nouvelle génération de migrants tunisiens est composée de médecins, d’ingénieurs, de cadres dirigeants, d’entrepreneurs, d’investisseurs et de scientifiques qui tissent des liens économiques diversifiés entre la Tunisie et leurs pays de résidence.

C’est un potentiel additionnel de contribution au développement économique, qui pourrait être amplifié par la structuration de stratégies et d’outils facilitateurs, par leur mobilisation plus systématique et par certaines modifications du cadre des affaires et de l’investissement. Ce sont aussi des Tunisiens qui restent attachés à leur pays, qui veulent aider la Tunisie dans cette phase délicate et qui sont prêts à déployer leur savoir-faire, leur épargne et leurs réseaux pour rallumer les moteurs de la croissance et de la prospérité. Ce sont des Tunisiens qui construisent, qui bâtissent, contrairement à d’autres qui diabolisent et font tout pour voir le pays à genoux. Ils n’ont ni ambitions politiques, ni ne cherchent des postes et des privilèges, ils veulent tout simplement être fiers de leur pays et ouvrir les lucarnes de l’espoir. Ce sont les Tunisiens dont on n’en entendra jamais parler, et pourtant, ils sont prêts à servir. Ce sont des héros anonymes.

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