Des prix fixés par les commerçants à la tête du client, des tarifs et services à leur guise sous prétexte de l’inflation galopante et la cherté de la vie. Non vraiment le client tunisien n’est pas roi!

On ne sait pas quelle mouche a piqué les Tunisiens depuis la révolution du jasmin qui n’a plus ni odeur, ni saveur au train où vont les choses. Comme on l’a souligné dans nos colonnes, il y a quelques jours au sujet de la bureaucratie tunisienne, le travail administratif est parfois lent et peu réactif aux besoins des citoyens, dont les dossiers sont souvent renvoyés aux calendes grecques. «Reviens demain» ! est toujours de mise. Cette injonction de mauvais goût est devenue un classique dans nos administrations et n’a pas pris une ride. Ces dernières n’ont pas réussi à faire le saut du tout numérique et le «zéro papier» promise par les anciens gouvernants…

La qualité de service fait également souvent défaut. Il y a un rythme au petit trot que ce soit pour se soigner dans une infirmerie qui attend le signal d’un blessé ou d’un malade pour ouvrir ses portes. Ou encore dans les petits commerces et chez les détaillants alimentaires ou autres.

Drôles de service, de surcroît médiocre   

Que dire alors de certaines boutiques d’accessoires informatiques, de services d’impression et même des quincailleries dans les faubourgs de Tunis comme ailleurs dans les quartiers moins densément peuplés…Ils travaillent à la demande parce qu’il semble que cette dernière est faible. En effet, avec la crise sans fin du pouvoir d’achat tunisien qui s’amenuise comme peau de chagrin, les commerçants vivent le «désert» dans leur activité déjà fortement concurrencée et avec une faible demande. Les services de proximité battent de l’aile et ne sont pas les plus performants ni les plus efficaces du pays. Loin s’en faut. Souvent pour compenser et rattraper le coup, un numéro de téléphone mobile est affiché et c’est au client d’attendre le temps que le commerçant arrive pour vous servir. C’est le monde à l’envers. Car, dans cette configuration, on marche vraiment sur la tête. A ce niveau, oublié le client roi car le client doit payer rubis sur l’ongle et doit patienter un long  moment pour voir sa demande satisfaite.

Attirer les clients résidents

Ces commerçants qui se rapprochent des foyers et habitations ne font que scruter une clientèle qui manque et l’attirer pour rentabiliser leur activité. Il est de bon de noter que les meilleurs services de proximité justement se situent dans les quartiers huppés de la capitale comme à Ennasr, à El Menzah 8, aux Berges du Lac ou à La Marsa où les clients sont choyés notamment dans les épiceries fines ou les salons de coiffure de quartier parce que la demande existe et la qualité exigée.

Un rythme de service tant dans la qualité que le prix qui diffère largement selon le quartier, ce qui n’est pas nouveau. Mais là où le bât blesse, c’est que le client est submergé de commerces et de prestataires de services sans distinctions au premier abord. En creusant, on décèle une montagne de défaillances qui les distinguent selon le quartier ou la qualité de service. Les consommateurs parmi la clientèle doivent «séparer le bon grain de l’ivraie» pour bénéficier de services satisfaisants et adéquats. Il faut s’éloigner le plus possible de la médiocrité et lui préférer la qualité, mais comme elle a un prix, bonjour les ennuis et les dépenses… Les Tunisiens sont très regardants sur les prix par nature et depuis belle lurette, donc rien ne risque de changer de ce côté-là.

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