Dans le cadre de la 8e édition du festival Dream City, qui a démarré le 30 septembre dernier et s’étalera jusqu’au 9 octobre 2022, une panoplie de manifestations artistiques est au programme dont des concerts de musique, des projections de films, des spectacles de théâtre et de danse et également des débats et rencontres autour de sujets et thèmes d’actualité.

Le sommet «Between Land & Sea», qui était au programme de cette édition les 3 et 4 octobre derniers, s’est distingué par une méthodologie assez singulière en invitant des artistes, chercheurs, doctorants et écrivains tunisiens et internationaux pour créer et débattre autour du thème «Vues du port : escales et refuges, circulations et relégations en Méditerranée».

Le 4 octobre dernier, le 3e panel de ce sommet «De quoi la Méditerranée est-elle la frontière ?», s’est tenu à Tourbet Sidi Boukhrissan à la Médina, sous la codirection et modération de l’historienne, spécialiste de l’histoire intellectuelle et sociale du monde arabe contemporain Leyla Dakhli et de l’architecte, urbaniste et doctorant en histoire Adnen El Ghali.

Ce débat a eu lieu avec des panelistes spécialistes en anthropologie et en questions de la migration, dont Ahlam Chemlali, danoise-marocaine, docteur au DIIS et chercheuse sur les effets locaux de l’externalisation européenne en Afrique du Nord, Farida Souiah, enseignante algérienne et chercheuse sur les migrations, les politiques migratoires et les mouvements sociaux en Algérie et en Tunisie. Cette rencontre a également été enrichie avec l’intervention des panelistes Alfonso Campisi, académicien italien et professeur à l’Université de la Manouba et Valentina Zagaria, anthropologue italienne basée à Tunis qui travaille sur les questions des frontières, de migration et de changement politique.

Le 3e panel de ce sommet est une occasion pour pointer du doigt un sujet complexe et sensible qu’est «la migration», sous un angle particulier et analytique du phénomène.

La notion de «frontière» était le credo de cette rencontre et où a été débattue l’idée d’une «naturalité des frontières». Les recherches et postulats qui y étaient proposés ont résulté de divers constats. Suite aux réflexions, la question a passé de «la Méditerranée est-elle une frontière ?» à «la Méditerranée est une frontière pour qui ?» en visant la classe populaire et pour ceux qui n’ont pas un accès facile à un visa.

La Méditerranée a pris des postures différentes. «Machine de disparition», «passage d’espoir, de rêves et de promesses», «un monstre» et les appellations ne cessent de se confondre. Lors de ce débat, elle (la Méditerranée) a été comparée aux «murs de la honte» tels que le mur de Berlin, la barrière entre les Etats-Unis et le Mexique, la barrière de séparation israélienne, le mur anti-migrants entre la Grèce et la Turquie, etc. Et les répercussions du phénomène de la migration (clandestine) sur les individus des pays du sud de la Méditerranée ont été comparées à la «Pathologie de la maladie du mur», qui représente les conséquences psychologiques et sociales «des murs».

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