Respecte-t-on vraiment le cahier des charges réglementant le fonctionnement des parkings ?

Il est une vérité claire comme de l’eau de roche : les parkings constituent un poumon d’oxygénation dans le domaine de la circulation en ville. C’est en effet grâce à eux que les problèmes de stationnement perdent l’essentiel de leur acuité. C’est aussi grâce à eux qu’un automobiliste peut circuler moins péniblement, sans user du klaxon.

Cependant, il est désolant de constater que les parkings situés dans le Grand Tunis souffrent encore, dans leur presque totalité, de lacunes persistantes et donc inquiétantes. Jugez-en :

– Primo : l’exiguïté des lieux, comme en témoigne leur modeste capacité d’absorption

– Secundo : le non-respect, dans deux cas sur trois, du contenu du cahier des charges réglementant l’aménagement et l’exploitation de ces espaces.

En ce sens que les abus sont nombreux : cela va de l’emplacement inapproprié de certains parkings à leur manque d’entretien, en passant par le dépassement de leur capacité d’accueil, d’où des problèmes de stationnement à l’accès et des difficultés à la sortie.

– Tertio : le jonglage avec les tarifs, ceux-ci variant d’un lieu à un autre…selon l’humeur du jour de l’employé du parking !

Du coup, surgissent les interrogations suivantes : qui fait quoi ? Qui contrôle qui ? La politique de privatisation de ce secteur ayant quasiment échoué, pourquoi n’opte-t-on pas pour la réétatisation des parkings, en vue d’une meilleure efficience ?

Business parallèle

Outre ces abus cités ci-haut, force est de constater que ledit secteur souffre également de l’émergence fulgurante d’un nouveau phénomène, à savoir le «business parallèle».

Il s’agit des parkings anarchiques qui pullulent dans la capitale. Là où, même si vous garez votre voiture en position régulière au bord du trottoir, il y a souvent un…martien, pardon un être humain, qui vous tombera du ciel, exigeant le paiement d’un dinar (parfois même le double) pour garder votre véhicule prétendant que «sa majesté le changuel» pourrait surgir à tout moment pour embarquer votre véhicule à la fourrière municipale et que le risque existe de voir plus tard votre voiture soit endommagée, soit cambriolée, soit carrément volée ! De guerre basse, voilà le tour joué.  Là aussi, ni vu ni entendu et au suivant…

L’urgence d’une réforme

Face à ces constats amers, l’on se demande pourquoi l’Etat hésite à ouvrir le dossier poussiéreux des parkings. Un silence d’autant plus regrettable que ce secteur a aujourd’hui plus que jamais besoin d’une réforme concrète et révolutionnaire qui pourrait s’articuler autour des axes suivants : l’assainissement total des parkings existants, la création de nouveaux espaces plus fonctionnels, l’incitation des municipalités et des privés à l’investissement dans le créneau ô combien porteur et rentable des parkings à étages et souterrains, et enfin la mise en place, au sein de chaque mairie, d’un département chargé exclusivement de l’exploitation de ces aires et du suivi de leur fonctionnement.

Mohsen ZRIBI

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