Les Tunisiens se réveillent chaque jour avec un mal de crâne généralisé à cause de la rareté d’un produit alimentaire, d’un manque de médicament ou encore d’une baisse d’approvisionnement de carburant. Le discours politique qui impute cette situation à des manœuvres politiques visant à discréditer le chef de l’État a montré ses limites. La patience et l’endurance ont elles aussi atteint leurs limites. Les nerfs à vif, les citoyens commencent à vitupérer et à sortir leurs griffes. La communication de l’équipe gouvernementale est faible et même parfois contradictoire. Profitant de la crise sociale ambiante, plusieurs partis politiques lancent des appels à l’adresse des citoyens pour investir la rue et protester. La crise sociale est elle-même exacerbée par une envolée sans précédent des prix. Le pouvoir d’achat s’érode à vue d’œil et l’inflation galope à un rythme soutenu.

Cependant, les Tunisiens veulent des réponses claires à leurs interrogations. Exigent des explications. Mais les ministres font le dos rond. Ils évitent de passer sur les plateaux télé et radio pour séparer le bon grain de l’ivraie. Ils se voilent la face. Ce faisant, ils laissent le terrain libre à toutes les interprétations. Que ce soit les analystes, les experts ou les opposants au régime, tous s’accordent sur l’échec de l’équipe Bouden. Ils tirent à boulets rouges sur Saïed, Bouden et les ministres. Le silence de ces derniers ne fait que conforter la thèse selon laquelle ils n’ont pas de solutions. Pis encore, s’il y a des solutions, ce sera sur le dos de la classe moyenne et des couches sociales vulnérables, selon Taboubi. Il n’empêche, si le gouvernement se cache pour éviter de dire que les caisses de l’État sont vides, il ne fait qu’enfler la crise. Les Tunisiens ont besoin de savoir ce qui les attend dans les jours à venir. Ils s’inquiètent pour les salaires et les pensions, pour l’approvisionnement du marché.
Pour sortir de cette crise nous devons compter sur nos propres moyens. Faire des sacrifices pour surmonter cette crise ensemble. L’heure est grave et les discours vains et inutiles ne suffisent plus pour convaincre les Tunisiens.

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