L’inflation poursuit son inexorable hausse, passant de 8,6% au mois d’août à 9,1% au mois de septembre. La Tunisie serait-t-elle en passe de cohabiter avec l’inflation pour longtemps ? C’est la question économique qui taraude les experts, ces derniers mois. Depuis près d’un an, les prix  ne cessent d’augmenter, touchant désormais tous les produits sans exception aucune. Une hausse  qui n’achève pas d’éroder le pouvoir d’achat et menace la consommation, premier moteur de l’activité économique.

Résorber ces tensions inflationnistes, les contenir, les renflouer ou encore les enrayer, ne serait-ce que provisoirement, est une tâche difficile aujourd’hui. L’inflation s’est fortement accélérée en Tunisie comme dans de nombreux pays, sous l’effet conjugué de la flambée des cours de l’énergie, des hausses chroniques  des denrées alimentaires et des produits de base, des ruptures d’approvisionnement…etc.

Disposant d’un espace budgétaire plus restreint, le pays devrait faire des choix stratégiques de plus en plus difficiles pour faire face à la montée de l’inflation, à l’aggravation des risques macrofinanciers, au ralentissement de la croissance et se préparer à d’éventuelles turbulences sur les marchés financiers mondiaux.Indicateur sensible de la santé financière et économique, le taux d’inflation demeure le voyant à surveiller. Objet d’une hausse qui se maintient, ces dernières années, l’inflation reste en proie à des phénomènes endogènes et exogènes étroitement liés au développement des crises et des conflits. Dans ce sens, la situation post-Covid a engendré une inflation mondiale inévitable. Au même titre, le conflit en Ukraine pèse de tout son poids sur les prix des matières premières, telles que les céréales.

L’absence d’une économie productive, de plans de redressement et de réformes économiques ainsi que la résistance acharnée des lobbies et des monopoles sont les principaux facteurs dont découle la hausse de l’inflation.

Selon la BCT, «le taux d’inflation, qui a atteint 8,6% en août 2022, est le plus élevé atteint depuis plus de trois décennies», précisant que  « les pressions inflationnistes demeureraient actives et on s’attend à ce que l’impact des facteurs aussi bien internes qu’externes, qui amplifie actuellement les pressions sur les prix à la consommation, persiste  au cours des trimestres à venir. En particulier, la faiblesse du potentiel de production de l’économie, face à une demande progressive, constitue la source de tension inflationniste principale qui pourrait soutenir les effets haussiers importants provenant de l’extérieur ».

Le Conseil d’administration de la BCT a exprimé lors de sa dernière réunion sa préoccupation quant aux risques haussiers entourant la trajectoire future de l’inflation et souligne « l’importance de la coordination des politiques économiques pour éviter une dérive de l’inflation qui pourrait accentuer les vulnérabilités économiques et financières ».

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