Certains pensent  que la future loi des structures sportives, enfin conçue par le ministère des Sports, va être la panacée à notre sport en matière de gouvernance des clubs et des fédérations sportives. Ils pensent qu’une fois promulguée, elle va être mise en œuvre tout de suite et que les fruits de son application vont être visibles à court terme. On pense que c’est utopique, c’est rêveur pour un sport tunisien qui a appris à vivre dans la confusion et le dérèglement. Cette loi, où seuls les juristes ont eu la part du lion dans sa conception (et c’est une énorme aberration), est dense dans son contenu. Le ministre des Sports, Kamel Degguiche, toujours aussi hâtif quand il s’agit de communiquer et d’avancer sur un sujet,  a fait savoir que ce projet de loi va, par exemple, limiter le nombre de mandats des présidents des fédérations sportives. De tout le projet qui parle aussi des sociétés sportives commerciales (qui permettront aux clubs de sortir de l’intenable piège du statut d’association), de la gouvernance financière, des types de relations entre fédérations et ministère des Sports, de la création d’entreprises dans les domaines de la jeunesse et du sport, etc. on n’a voulu insister que sur les 3 mandats plafonnés d’un président de fédération. Dans l’absolu, c’est une bonne idée que nous avons toujours défendue pour mettre fin à la mainmise de tous les présidents des fédérations.

Sauf que le ministre des Sports vise une seule personne, Wadï El Jary, qui, en vertu de cette nouvelle loi, ne pourra se présenter une nouvelle fois aux élections (tout comme le cas en basket,  tennis…).

On se demande si ce plafonnement de mandats concerne également les clubs où certains présidents ont cumulé des années de pouvoir et des mandats innombrables. Cette clause du projet va sûrement faire polémique et ouvrir le bal à un  bras de fer juridique. Ces présidents de fédérations vont saisir leurs fédérations internationales respectives pour dénoncer l’ingérence politique dans leurs affaires. Ils vont tout faire pour refuser d’appliquer  cette loi et une grande partie de son contenu, en soutenant que ce sont les clubs affiliés qui déterminent dans une assemblée souveraine le statut des  fédérations et les articles à changer, dont celui du nombre de mandats pour le président du bureau fédéral. On est donc parti pour un long bras de fer entre les fédérations sportives et le ministère des Sports pour l’application de la future loi des structures sportives. A moins que les clubs affiliés tournent le dos aux présidents qui ont déjà plafonné leurs mandats. Nous n’en sommes pas encore là. Mais avouez quand même que cette loi est déjà polémique et orientée de fait vers le bras de fer entre Kamel Degguiche et Wadi El Jary.

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