Dans son dernier rapport sur les perspectives de l’économie mondiale, publié à l’occasion de la tenue à Washington des assemblées annuelles conjointes avec la Banque mondiale, le FMI prévoit que la croissance en Tunisie s’établirait à 2,2% en 2022 et à 1,6% en 2023. Des chiffres qui restent en deçà des attentes et des objectifs escomptés. Des prévisions qui dépendent désormais de l’exécution des réformes nécessaires pour maintenir la croissance et faire face aux deux évolutions lourdes : la perturbation des marchés internationaux des matières premières et la hausse des prix des produits alimentaires. L’exécutif sait qu’un tel processus est inéluctable et qu’il est impératif de l’engager aussi rapidement que possible. Mais sur quel chantier (réforme) faut-il travailler en priorité ? Des économistes mettent en avant un package de réformes à mettre en mouvement, à commencer par résorber la crise des finances publiques, lutter contre la fraude fiscale et l’évasion fiscale, engager la réforme du système de subventions, impulser l’investissement qui semble tombée en léthargie… L’urgence des réformes structurelles s’impose avec acuité afin de renforcer la résilience de l’économie nationale pour mieux résister aux chocs futurs. Mieux s’armer pour relever les défis à venir et préserver l’équilibre des indicateurs macro-économiques. Face aux nouveaux enjeux socioéconomiques et sécuritaires, la Tunisie devra trouver des solutions à la crise économique. D’ailleurs, le FMI, par la voix de son directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du Fonds, Jihad Azour, se dit prêt à aider la Tunisie à faire face aux difficultés économiques auxquelles elle est confrontée et accroître sa capacité à emprunter de nouveaux la voie de la croissance.  Mieux encore, la réponse a été confirmée le 15 octobre dernier par le FMI qui a annoncé que ses services et les autorités tunisiennes sont parvenus à un accord pour rétablir la stabilité macroéconomique, renforcer la sécurité sociale et l’équité fiscale, accélérer les réformes, et réaliser une croissance inclusive de la Tunisie. Un accord de 48 mois au titre du Mécanisme élargi de crédit, d’environ 1,9 milliard de dollars, a été approuvé. Une décision tant attendue après plusieurs cycles de discussions qui ont eu lieu entre la Tunisie et l’institution financière, depuis deux ans, en vue de résoudre les problèmes budgétaires et améliorer la situation économique. A l’instar d’autres pays dans la région, la Tunisie a été touchée par plusieurs chocs successifs, dont le Covid-19 et la guerre en Ukraine qui ont entraîné la hausse de l’inflation et l’augmentation des prix des denrées alimentaires et des carburants. A l’évidence, il convient de garder dans ce contexte le cap du programme de réformes pour renforcer la résilience de l’économie. Le renforcement de la résilience de l’économie dépendra de la poursuite des grandes réformes structurelles clés. Comme les ressources sont limitées, il sera essentiel d’améliorer la mobilisation des recettes, de mieux gérer les dépenses, afin d’éviter de grands dérapages budgétaires. Cependant, la récession qui plane sur l’économie mondiale assombrit les perspectives macroéconomiques. La hausse des prix mondiaux des produits alimentaires et de l’énergie s’ajoute aux défis actuels de la politique économique, y compris les séquelles de la pandémie. Tous ces éléments accroissent les risques de ralentissement de la croissance économique et se traduiront probablement par une aggravation des pressions inflationnistes et une augmentation considérable des dépenses publiques.

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