Les forces de sécurité ont interpellé plusieurs jeunes dans certains quartiers, accusés d’attiser les tensions et de semer les troubles. Ces jeunes auraient avoué avoir agi pour le compte de commanditaires politiques. Certains délits sont graves, pouvant entraîner de lourdes peines. Encore une fois, les forces du mal recourent aux mineurs et aux jeunes désœuvrés des quartiers populaires pour les manipuler par le biais de l’argent et les utiliser comme chair à canon. La faute incombe aux comploteurs contre le pays, certes, mais aussi à l’État qui demeure absent dans les quartiers populaires. C’est que dans ces zones, il est plus difficile de s’en sortir, de réussir, de réaliser ses ambitions, ses rêves.

La vie est y aussi plus dure qu’ailleurs parce que tous les handicaps, toutes les difficultés y sont concentrés. Il y a dans ces quartiers plus de chômage, plus de pauvreté, plus d’agressivité et d’insécurité qu’ailleurs.

Il y a tellement de souffrance que les jeunes se replient sur eux-mêmes. Avec leur connexion aux réseaux sociaux, ils savent comment les autres jeunes issus de quartiers huppés et ailleurs dans le monde vivent, s’épanouissent et réalisent leurs rêves.

C’est cette frustration combinée à la précarité dans des cités où toutes les commodités et les équipements manquent cruellement qui fait que ces jeunes se révoltent, s’expriment et protestent à leur manière, qui est parfois contraire à la loi. Les gourous de la politique, par lâcheté, car incapables d’affronter la réalité, recourent à la manipulation en recrutant ces jeunes vulnérables pour qu’ils agissent à leur place. Ils les exposent au danger, détruisent leur vie et celle de leurs familles, car l’État a laissé pour compte cette jeunesse. De ce fait, il est de la responsabilité de la République d’offrir à ces jeunes les mêmes droits et les mêmes chances que ses autres enfants. C’est le seul moyen pour prévenir la manipulation et l’endoctrinement des jeunes en les intégrant et en les connectant aux valeurs républicaines pour prémunir la nation et les sauver des griffes des malfaiteurs politiques, des contrebandiers et des passeurs.

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