Tous les acteurs économiques s’accordent aujourd’hui à faire de l’appartenance à la Francophonie un atout économique pour le XXIe siècle. Un atout pour faire des affaires avec différentes aires géographiques du Sud comme du Nord, de l’Est comme de l’Ouest. Et le Maghreb se trouve au carrefour de ces aires économiques complémentaires. Le Maghreb que certains considèrent comme l’une des régions idoines pour accueillir le Davos de la Francophonie, c’est-à-dire un forum des affaires de dimension mondiale.
La Francophonie, dans sa dimension intergouvernementale, parlementaire, universitaire, associative, etc., constitue un forum de dialogue, d’action commune et de partage d’expérience. A l’approche de la tenue du 18e Sommet de la Francophonie à Djerba, les membres de l’organisation cherchent toujours le moyen de la transformer en lui donnant une orientation plus économique. En effet, la question économique sera plus présente lors des assises de cette édition pour que les pays membres puissent intensifier leurs relations économiques.
Aujourd’hui, tous les pays émergents, les pays asiatiques sont à la conquête des marchés en Afrique. Les concurrents mettent la France dans une position délicate, car elle n’est plus le seul pays à s’intéresser à l’Afrique. De même, et au moment où l’économie mondiale ralentit, que les Etats-Unis semblent moins jouer leur rôle de leader, une carte à jouer apparaît, celle de l’Afrique. La Tunisie a construit depuis plusieurs années un socle très favorable au développement de la coopération avec ses partenaires européens et africains.
Le Sommet de Djerba sera une aubaine pour les pays francophones qui doivent profiter de leurs complémentarités, en créant une plateforme électronique de partage d’opportunités d’investissement et d’appels d’offres francophones, en mettant en place un mécanisme de financement francophone, et en facilitant la mobilité des personnes.
Ils sont aussi appelés à densifier les voies de circulation du commerce, à travers notamment le renforcement des voies maritimes et aériennes entre les pays francophones, et le développement de la connectivité économique et financière.
C’est un engagement commun renouvelé afin que la Francophonie ne soit plus qu’un partage d’une même langue, mais un véritable levier de croissance des économies.
Il est à noter que, jusqu’à aujourd’hui, la croissance mondiale s’établit à 3,2 % contre 6% en 2021 et le taux d’inflation bat son plein. De l’avis des experts économiques, la Francophonie économique peut être un outil de développement économique et de sortie de crise si elle est repensée et réinventée pour qu’elle devienne un vrai espace de business et d’intérêts partagés et présente des avantages concrets pour les entreprises et pour les populations francophones.
De même, la Francophonie économique doit être adoptée dans une démarche inclusive et de co-développement pour le bénéfice des populations locales, notamment celles de l’Afrique qui comptabilise 59% des locuteurs quotidiens du français et qui présente beaucoup d’avantages.
La Zlecaf qui, une fois opérationnelle, va permettre l’accès à un marché de 1.2 milliard de consommateurs avec la construction, sur le continent, de nouveaux écosystèmes industriels complémentaires attachés aux chaînes de valeur mondiales.

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