L’objectif principal de la 27e  Conférence des Nations unies sur le climat qui s’est ouverte à Charm el-Cheikh, en Egypte, est de renforcer les engagements de tous les pays et de cesser les promesses non tenues pour espérer limiter le réchauffement climatique à +1,5 °C, fixé par l’Accord de Paris en 2015.

En effet, cyclones tropicaux, tornades, foudre et orages de grêle pourraient à l’avenir être renforcés par l’augmentation de la température de la planète. Mais même si ces événements ne doivent pas être plus fréquents, ils seront plus intenses, estiment les scientifiques. Les pays arabes et d’Afrique du Nord seront exposés à ces phénomènes extrêmes et porteurs de tous les dangers. Selon le premier rapport scientifique sur le changement climatique et environnemental dans la région méditerranéenne, rédigé par le réseau de scientifiques MedECC, la région méditerranéenne se réchauffe 20 % plus vite que le reste du monde. Avec les politiques actuelles, les températures devraient augmenter de 2,2 ºC d’ici à 2040. Une conclusion alarmante qui confirme les simulations du climat du 21e siècle qui font état d’un possible renforcement de l’intensité des cyclones (vents et pluies) et d’une possible baisse de leur fréquence au niveau du globe.  Mais ce sont surtout les pays arabes et d’Afrique du Nord qui seront fortement exposés aux impacts des changements climatiques selon un  rapport de la Banque mondiale qui analyse les dommages présents et à venir causés par l’évolution rapide du climat dans la région et qui appelle les autorités à «préparer les pays et les populations à faire face à la menace». Selon ce rapport, au cours des 30 dernières années, «les catastrophes climatiques ont touché 50 millions de personnes dans le monde arabe, représentant un coût direct d’environ 12 milliards de dollars et un coût indirect bien plus élevé encore. Les tendances récentes laissent à penser que l’aridité des régions s’accentue, de même que la fréquence des inondations soudaines ».

Malgré, donc, le désarroi des uns et les inquiétudes des autres, les négociations continuent à patiner sur le climat et la plupart des pays développés ont buté sur des questions clés qui ne peuvent être laissées irrésolues.

Car, bien que les décisions adoptées lors de la Conférence de Paris aient mis en lumière une situation d’urgence, les négociateurs n’arrivent pas encore à s’entendre sur un accord sur des objectifs clairs et ambitieux dans un cadre juridique à mettre en œuvre ainsi que de convenir sur un calendrier de financement. Pourtant, de tels flux financiers et technologiques nécessaires, surtout en cette période, pour soutenir les pays en développement, dans leurs efforts à s’adapter aux changements climatiques et à limiter leurs émissions, ne sont pas disponibles. C’est pourquoi la question emblématique de la nécessaire solidarité Nord-Sud devrait être tranchée afin que les pays les plus pauvres, peu responsables du changement climatique mais en première ligne face à ses impacts dévastateurs, reçoivent des compensations à titre de «pertes et dommages» pour apporter les réponses nécessaires à une meilleure adaptation climatique.

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