La formation professionnelle face aux défis de l’évolution : L’innovation, un gage d’inclusion socioéconomique

 

L’objectif est de chercher à développer nos jeunes compétences et les adapter aux exigences du marché, mais aussi une façon de répondre aux besoins vitaux de la population en matière d’éducation, de santé, de technologies, d’eau…

Certes, l’on avait, au fil du temps, accordé un intérêt tout particulier à la formation professionnelle et technique, en le dotant des moyens humains et matériels nécessaires à son évolution, mais il n’est plus utile de continuer dans la même logique d’antan. A l’aune de la donne numérique, le secteur doit sortir des sentiers battus et revoir sa politique et ses objectifs, afin de mieux s’adapter aux nouveaux défis de l’étape. «L’innovation dans la formation professionnelle», ainsi s’intitule le congrès continental qui se tient, pour la première fois, sous nos cieux, du 9 au 11 de ce mois.

En fait, il s’agit d’un forum de réflexion sur le devenir de la formation, en tant que véritable tremplin pour l’emploi et catalyseur du renforcement des compétences qualifiées. Ce dont a besoin, aujourd’hui, l’économie nationale et celle de l’Afrique tout entière pour assurer aux jeunes l’inclusion dans leurs sociétés et la participation à la croissance de leurs nations. Trois axes ont été ainsi évoqués: l’innovation pédagogique, la digitalisation et l’émergence de nouveaux centres de formation. «C’est aussi un évènement qui témoigne, une nouvelle fois, de l’importance accordée, par nous tous, à la formation, à la promotion des compétences et la qualifications de la jeunesse, devenue un levier d’inclusion socioéconomique et un facteur de mobilité et d’échange», a, d’emblée, souligné Nasreddine Nsibi, ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi, à l’ouverture des travaux auxquels ont pris part la représentante de l’Union africaine, la GIZ et l’agence africaine du développement Auda-Nepad.

Plus qu’un choix, une obligation !

Car, à l’heure de nouveaux modes de gouvernance et des problématiques émergentes auxquelles on est en train de faire face, l’innovation dans la formation demeure plus qu’un choix, une obligation. L’objectif étant, certes, de chercher à développer nos jeunes compétences et les adapter aux exigences du marché, mais aussi une façon de répondre aux besoins vitaux de la population en matière d’éducation, de santé, de technologies, d’eau…  Pour ce faire, ajoute-t-il, cela requiert forcément des solutions innovantes, d’où l’impératif de faire appel à de nouvelles compétences mises à jour et beaucoup plus formées et rodées. «Voilà pourquoi la formation professionnelle et technique doit, aujourd’hui, se réinventer, non seulement pour continuer à nous fournir des compétences dont nous avons besoin, mais également d’anticiper les profils des métiers de demain», argue-t-il. Ainsi, une telle démarche aura, certainement, un double impact : initier les diplômés du secteur à créer des projets novateurs, tout en renforçant leur adaptabilité par rapport à ce que demande le marché.

Du reste, la politique sectorielle devrait ainsi prendre de l’élan. Il faudrait, désormais, réduire le gap technologique et traduire l’idée dans la pratique. «La conjoncture nous impose de nous réinventer, de faire bien et aussi rapidement que possible. Voilà pourquoi nous sommes, aujourd’hui, contraints de passer directement à l’action, avec une stratégie, afin que nos actions aient des effets structurants», recommande le ministre. Selon lui, une telle action doit s’inscrire dans la durée, suivant une approche proactive, résiliente et prospectiviste. Ce remake au niveau de la formation professionnelle et technique devrait être institutionnalisé pour garantir sa durabilité. Et d’ajouter que le ministère est en train de travailler sur un processus de certification des centres de formation qui sont déjà innovants. Et la liste des bénéficiaires semble de mise.

Sifa, ce parrain de l’innovation

Innover ce secteur et comment l’adapter aux attentes des jeunes du continent? C’est une question qui donne du grain à moudre. Et les panélistes n’ont pas manqué de l’aborder dans une logique de faisabilité conformément aux politiques de leurs pays respectifs. En Tunisie, il est question de faire valoir l’appui de la Sifa, Initiative compétence pour l’Afrique, dans le financement des projets innovants. En ont profité, au départ, cinq pays africains. Pour le nôtre, l’initiative a commencé depuis mai 2017, note Olfa Laâbidi, directrice de la coopération bilatérale au ministère de la Formation, et point focal de l’agence Auda-Nepad de l’Union africaine, chargé de la mise en oeuvre de ladite initiative. En gros, il s’agit d’un programme de financement des projets de formation innovants, répartis sur trois phases, avec des investissements globaux d’environ 6 millions d’euros. La première tranche d’une valeur de 3 millions d’euros est destinée à la réhabilitation des centres de formation de l’Atfp, dont celui de «Bach Hamba» à Sfax, l’agence de vulgarisation agricole, ainsi que l’école canadienne, en partenariat avec l’Utica. Les deux autres tranches seront investies aussi bien pour l’amélioration de l’employabilité des jeunes issus de famille nécessiteuses que pour le soutien à des associations tunisiennes actives dans l’économie sociale et solidaire. En plus de la Tunisie, d’autres pays en sont aussi bénéficiaires, à savoir le Cameroun, l’Ethiopie, le Ghana, le Kenya, l’Afrique du Sud et le Togo.

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