Après la déception de l’élimination de l’équipe nationale olympique de la CAN 2023 et des Jeux olympiques Paris 2024, la sélection des U 17 a subi un sort identique et n’ira pas, elle aussi, en Coupe d’Afrique.

Ça ne peut pas être une simple coïncidence ou un petit accident de parcours inopiné que ce soit pour l’équipe nationale olympique U 23 ou pour la sélection U 17 qui viennent toutes les deux de briser nos derniers rêves de voir nos équipes nationales des jeunes qualifiées pour les phases finales et les épreuves de haut niveau comme la Coupe d’Afrique ou les Jeux olympiques. Nos U 23 n’ont pas pu passer l’obstacle congolais et ont été éliminés après une défaite à Brazzaville par 1 à 0 et une courte victoire à Tunis par 2 à 1. Plus que la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, le bonheur de nos olympiques d’être dans la cour des grands lors des Jeux olympiques Paris 2024 s’est évaporé et brisé de manière pas très facile à digérer ou à oublier. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, la sélection U 17 a subi, dans la foulée de cet échec, un revers de grande envergure et non moins cuisant en s’inclinant par 3 buts à 1 devant une équipe d’Egypte nettement supérieure au tournoi de l’Unaf en Algérie et voit, elle aussi, le chemin de la CAN barré. Deux résultats négatifs successifs en quelques semaines et deux pages noires de notre football qui ne doivent pas être tournées à la sauvette, sans évaluation profonde, sans mea-culpa général et sans mûre réflexion pour l’avenir.

Mettre tout sur la table

La première question qui doit être posée est bien simple et n’échappe à personne : A qui incombe la responsabilité de ces échecs répétés et où réside le mal qui risque de devenir incurable ? La réponse n’est pas difficile à trouver non plus. Le problème des staffs techniques choisis pour prendre en main les équipes nationales jeunes est le premier à résoudre. On ne peut pas continuer à confier ces équipes à des entraîneurs sans grand CV et sans grand vécu de techniciens qui ont roulé leur bosse un peu partout dans le pays et au sein d’équipes aux profils et aux objectifs différents, avec des méthodes de formation et de travail dans les catégories jeunes qui varient d’un club à l’autre. Etre sélectionneur d’une équipe nationale doit être le fruit d’un dur apprentissage et d’une longue carrière de technicien qui a cumulé les expériences, les rudes épreuves et les durs examens. C’est à dire choisir le mérite et la compétence avant tout autre critère. Les sélections nationales des jeunes ne doivent pas être offertes comme «cadeaux» pour des anciens joueurs internationaux qui ont beaucoup donné au football tunisien comme joueurs mais qui n’ont pas leur place comme chefs ou membres de staff de ces sélections. Le football d’aujourd’hui, ce ne sont pas seulement des séances d’entraînement et d’application faites par de bons manieurs de ballons devant des jeunes ébahis par la maîtrise technique et l’adresse de leurs entraîneurs. Le volet pédagogique, le parfait encadrement et le sens de la communication sont des piliers importants du métier d’entraîneur et de sélectionneur. Quand on n’a pas ce bagage indispensable pour des raisons de niveau scolaire et culturel limité, on n’a pas les principaux moyens de réussite.

La responsabilité des clubs

Les responsables à la tête de nos clubs ne sont pas étrangers à cette chute dans les performances des sélections jeunes. Surtout les clubs qui ont de gros budgets et qui ont opté pour la solution de facilité qu’est l’abandon du travail de base profond au sein des jeunes et le recours au recrutement facile dans les clubs de divisions inférieures, certes talentueux mais mal formés à la base, faute de moyens financiers et de formateurs de haut niveau. Chaque saison, la concurrence bat son plein entre les grands clubs pour dénicher ces oiseaux rares qui ne feront ni leur printemps ni celui des sélections. La direction technique des jeunes au niveau des clubs est devenue une direction de façade, une vitrine de saupoudrage et une simple formalité pour laisser le champ libre à des entraîneurs, sans grands diplômes et sans vrai bagage de technicien formateur, s’occuper des catégories jeunes, céder à la pression de l’argent des parents riches, favoriser leurs enfants et écarter ainsi les talents issus de familles démunies. Au niveau des jeunes, le football est devenu un business qui tue le don et qui enterre les vrais talents. Résultat : eh bien, on récolte ce qu’on sème.

Des championnats de bas niveau

Devant les crises financières aiguës qui secouent la majorité des clubs professionnels et amateurs, la Direction technique nationale a été obligée de réviser et de revoir chaque année la formule des championnats des jeunes. La saison écoulée, elle a régionalisé les poules au maximum pour alléger les dépenses, mélangeant clubs des Ligues 1, 2 et 3 pêle-mêle et la qualité de ces championnats en a souffert énormément avec des matches qui se sont terminés par des scores ridicules de plusieurs buts d’écart. Cette saison, elle a rectifié le tir et est revenue à des championnats mieux étudiés et équilibrés pour hausser le niveau, chaque ligue jouant son propre championnat. C’est un correctif intéressant qui peut porter ses fruits. Mais ce n’est qu’une mesure qui ne doit pas exclure d’autres réformes plus courageuses et plus audacieuses. La remontée de la dure pente commence par là et ce sera un travail d’endurance et de longue haleine. Un travail de fourmi.

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