Les agriculteurs attendent désespérément la pluie depuis des mois. C’est les yeux rivés au ciel qu’ils scrutent la moindre goutte de pluie. Les champs sont privés d’eau. Les petites quantités localisées des derniers jours n’ont pas suffi. Ces conditions climatiques impactent lourdement la production agricole, notamment céréalière, élément vital pour la sécurité alimentaire du pays.

La production céréalière de l’année devrait enregistrer une baisse du fait que la céréaliculture dépend fortement du climat au point d’engendrer des fluctuations fréquentes des rendements d’une année à une autre.

La campagne céréalière 2021-2022 a enregistré 7,511 millions de quintaux collectés à fin août 2022, soit une baisse de 7,1% par rapport à la même période de la campagne précédente.

L’Utap a réévalué à la baisse la production céréalière attendue cette année à 1,8 million de tonnes (Mt), en raison des conditions climatiques et sécuritaires (les incendies souvent criminels qui ont gravement endommagé la récolte).

Selon la même source, le crû céréalier ne dépassera pas 1,4 Mt soit bien moins que l’année dernière et de la moyenne de la décennie 2012-2022  (1,7 Mt). En effet, la Tunisie semble avoir pris les devants en se mettant temporairement à l’abri du besoin. Pour couvrir ses besoins, elle va importer 250.000 tonnes de blé de France au titre de la saison 2022-2023. C’est ce que le chef de la mission maghrébine et africaine à l’Association française des céréales « Intercéréales France », Yann Lebeau, a déclaré récemment en marge de la tenue des rencontres tuniso-françaises de céréales 2022 à Tunis.

La Tunisie a importé entre 15 et 25 % de ses besoins en blé tendre de France, 1.1 million de tonnes de blé tendre, entre 500 et 600 mille tonnes de blé dur, 800 mille tonnes d’orge et 1 million de tonnes de maïs.

Notons que les achats des produits céréaliers ont augmenté de 45,5% en valeur contre une baisse de 11,0% en volume. A l’exception du blé dur, la hausse des prix des autres produits céréaliers (blé tendre, orge et maïs) variant entre 43% et 62% enregistrée à fin septembre 2022 est une répercussion de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. D’après l’Observatoire national de l’agriculture, l’augmentation des importations de céréales a contribué à l’aggravation du déficit extérieur, soit  2.496,1 MD.

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