Si la loi start-up Act a permis de mettre sur pied un écosystème solide et de percer à jour la profondeur du marché, la deuxième version de start-up Act aura pour vocation de pallier les insuffisances qui s’érigent en obstacles à la croissance des start-up.

“Le fait que l’Etat aide les start-up en leur achetant leurs produits est, à mon sens, plus important que le financement”, a affirmé Zoubeïr Turki, président du Collège des start-up, dans son intervention lors du webinaire qui a été organisé, mercredi 16 novembre, par l’Iace sur le thème “Quel est l’apport de la loi start-up Act 2.0 à l’entrepreneuriat en Tunisie”. Lors du débat en ligne, les intervenants ont dressé un état des lieux de l’écosystème des start-up en Tunisie, trois ans après l’entrée en vigueur de la loi start-up Act.

Ils sont,également,  revenus sur les défis auxquels sont confrontés les startuppeurs. 

Saluant le travail effectué par les membres du Collège, Turki a précisé que le financement constitue un très grand problème avec lequel se débattent les jeunes pousses en Tunisie. Toutefois, ces dernières sont capables de valoriser leurs solutions technologiques et dénicher les financements ailleurs, estime-t-il. Pour le professeur universitaire, l’implantation des start-up hors les murs ne doit pas être une source d’inquiétude d’autant plus qu’en Tunisie, on continue de bénéficier de leurs  solutions et services technologiques. 

Revenant sur le processus qui a abouti à la promulgation de la première version de la loi start-up Act, Wissem El Mekki, directeur de l’économie numérique au ministère des Technologies de la communication, a, en somme, fait savoir que le nouveau cadre réglementaire était une initiative qui a été impulsée par les jeunes qui ont aspiré à révolutionner l’investissement classique et ont poussé vers l’adoption d’une réglementation agile pour l’innovation. Il a, par ailleurs, ajouté qu’une période de trois ans n’est pas suffisante pour faire une rétrospective et évaluer la loi start-up Act. Cependant, “la deuxième version de la loi permettra à l’administration de clarifier sa vision quant aux politiques adoptées en matière d’innovation, mais elle permettra  aussi de redresser le cap, faire des rectifications et améliorer le cadre réglementaire  à même de contribuer au développement de l’écosystème et pallier les insuffisances qui s’érigent en obstacles à la croissance des start-up”, estime-t-il. 

Accélérer le financement 

De son côté, Mohamed Salah Frad, président  de l’Association tunisienne des investisseurs en capital (Atic), a souligné qu’en guise de bilan, la loi start-up Act a permis de mettre sur pied un écosystème solide et de percer à jour la profondeur du marché qui s’illustre à travers  le nombre élevé des start-up labellisées (plus de 700 start-up). Cela n’empêche que certaines insuffisances ont fait leur apparition. Il s’agit principalement de problèmes relatifs au financement et à l’application du concept de la start-up d’Etat. Frad a appelé, dans ce contexte, à l’accélération du financement des  700 start-up labellisées, estimant que les besoins en financement devraient se situer aux alentours de 70 millions de dinars. S’agissant de la start-up State, le président de l’Atic a expliqué que l’acheteur public doit être convaincu de son rôle en tant que locomotive de croissance pour ces jeunes pousses en quête de marchés. Evoquant l’exemple des start-up Ahmini et BeSoftware, Frad a indiqué que l’Etat n’a pas su exploiter ces solutions innovantes pour améliorer ses services, soulignant qu’aux Etats-Unis, c’est l’Etat qui a donné l’impulsion aux pépites de la Tech.  Oussama Messaoud, secrétaire général de l’association Tunisian start-ups, a, de son côté, expliqué que la loi start-up Act a permis un changement de paradigme  en créant une dynamique et un écosystème d’innovation  et en incitant les investisseurs à prendre le risque.

Pointant du doigt les difficultés d’application de la loi rencontrées par l’administration et le système bancaire (notamment pour le compte spécial en devises), Messaoud a appelé à l’instauration de nouveaux produits et mécanismes  financiers innovants pour drainer les investisseurs qui s’intéressent à l’écosystème tunisien. Il a, par ailleurs, soulevé la problématique des jeunes pousses qui, arrivant à un certain stade de croissance, se trouvent obligées de quitter le pays pour pouvoir lever des fonds et grandir.  

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