Le grand événement planétaire du football a commencé à Doha. Plus qu’une simple compétition sportive prestigieuse, un événement géostratégique derrière lequel le Qatar, petit pays géographiquement, est entré dans l’Histoire. Ce que ce pays pétrolier et gazier cherchait,  il l’a déjà obtenu : une notoriété internationale et des effets d’entraînement politico-économico-culturels qui ont hissé le Qatar au rang des grandes nations du monde. Des polémiques, des controverses, oui, il y en a eu et ça ne va pas s’arrêter suite aux restrictions imposées au public occidental en respect des traditions et des mœurs du pays hôte, un pays arabo-islamique. Tout cela n’a pas d’importance au bout du compte : l’organisation de l’événement est un coup bien réussi, et au passage un coût onéreux de plus de 220 milliards de dollars investis depuis plus de 12 ans.

Le football, événement sportif de grande envergure, est devenu un outil fondamental pour passer dans le cercle des grands, et le Qatar l’a compris depuis plus d’une décennie. Beaucoup de moyens mobilisés, tant de relationnel et de lobbying opérés avec intelligence, parfois sans scrupule. Au final, un pari gagné et un leadership incontesté dans la région qui confirment les rôles de plus en plus sensibles que ce pays assume sur la scène politique internationale. Cette Coupe du monde montre bien qu’il n’y a plus de barrières entre ce sport populaire et la politique. C’est même une arme dont les Etats usent pour obtenir des avantages et pour bien se positionner sur l’échiquier international. Le football, le sport, c’est maintenant un jeu de pouvoir déguisé. C’est de l’argent fou et parfois «sale» distribué, et c’est surtout des compétences distinctives pour réussir. Tout ce qui a été dit avant ce Mondial relève, en grande partie, d’une cynique hypocrisie et un sournois visage de l’Occident, lui-même auteur d’atrocités monstrueuses à l’égard des petits pays envahis et empêtrés dans les guerres et la pauvreté sous le regard complice de ces gouvernements occidentaux. On a bien vu, lors de la cérémonie d’ouverture, cette accolade historique et en même temps «arrogante» entre Erdogan et Sissi après neuf ans de guerre froide et de victimes complètement oubliées de ce bras de fer. Le monde a changé, les alliances aussi et les pays les plus influents dans le monde arabe et islamique ont décidé de privilégier les intérêts économiques et l’absence de problèmes sur tout autre considération. Le Qatar va rentabiliser cette coupe du monde pour des dizaines d’années encore. C’est cela le vrai enjeu.

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Un commentaire

  1. Brahim

    24/11/2022 à 14:54

    Vive le Qatar !
    Pauvres de nous tunisiens !
    Maudits soient les pays de l’Occident, source de tous les maux de la terre !
    Vive le monde arabo-islamique : son humanisme, son ouverture d’esprit et surtout sa tolérance font merveille. Votre éditorial est éclairant !

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