Du 3 au 10 décembre 2022, le public du quatrième art renouvelle ses vœux et retrouve le chemin des théâtres et salles de spectacles. Les Journées théâtrales de Carthage, ce rendez-vous de toutes les passions, marquent cette année avec sa 23e édition un temps pour la réflexion sur l’avenir et le devenir de ce festival pionnier en Afrique et dans le monde arabe qui devrait s’ouvrir de nouvelles perspectives, réfléchir son positionnement pour être plus proche des aspirations et des défis à venir. C’est ainsi que Nissaf Ben Hafsia, directrice des JTC, a présenté, hier, les principales lignes de la 23e édition lors d’une conférence de presse tenue à la Cité de la Culture.

Pourquoi les JTC ? Que nous imposent les nouveaux défis et la nouvelle carte des festivals sur la région ? Quelle forme pourrait intégrer les JTC dans ses prochaines éditions sans pour autant changer d’identité ? 

Outre sa programmation habituelle, ses différentes sections et programmations arabes et africaines compétitives et ses ouvertures sur le monde et les expériences nouvelles, la 23e édition sera ainsi l’occasion de réflexion et de débat, de rencontres et d’échange. Dans ce contexte, un colloque intitulé «Vers des perspectives de production et de distribution dans les pays arabes et africains» sera organisé en présence des professionnels, des programmateurs et des artistes afin de discuter sur les perspectives du festival pour devenir le premier marché de promotion de la production et de la distribution des œuvres théâtrales arabes et africaines.

Cette rencontre se veut une plateforme pour discuter des moyens de les soutenir et de les développer de manière à établir une industrie créative pour ce secteur, axée principalement sur une approche économique en adéquation avec les spécificités de chaque pays de la région.

Afin d’étudier ces thématiques et d’échanger expériences et expertises dans les domaines de la production, de la diffusion, de la recherche de financements et de marchés, des spécialistes et professionnels ont été associés à ce colloque, notamment des producteurs, des sponsors et des bailleurs de fonds qui contribuent au financement des projets culturels, ainsi que des gérants des structures théâtrales, des directeurs de théâtre, des programmateurs et des directeurs de festivals.

Le second colloque portera sur Molière au miroir du théâtre arabe et africain, un thème choisi puisque cette année 2022 est marquée par un événement majeur qui est le quatre centième anniversaire de la naissance de Molière. Grâce à ce dramaturge de renommée internationale, le monde arabe est entré de plain-pied dans l’univers du quatrième art. Depuis 1847, ses pièces n’ont pas cessé d’être traduites, adaptées et jouées au Proche-Orient et au Maghreb. Le théâtre africain francophone a surtout puisé dans ses comédies ce qui servait de support à des fins didactiques et a été, de ce fait, amené à s’interroger sur la spécificité de la création dramatique dans le Continent noir. 

De là est née l’idée d’organiser ce colloque qui se propose de débattre des résultats d’une pratique théâtrale arabe et africaine dont Molière a été la référence principale et prépondérante durant 175 ans.

Pour revenir sur la programmation des pièces, les JTC 2022 comptent plus de 80 pièces venues de 23 pays participants dont 12 pièces en compétition, 31 pièces hors compétition, 12 pièces du théâtre du monde, 4 pièces de théâtre amateur et 7 pièces de théâtre pour enfants et jeune public, en plus des ateliers et des rencontres.

La section théâtre de la liberté reste une programmation des plus particulières et émotionnellement intenses. Elle regroupe les créations théâtrales de plusieurs établissements pénitentiaires qui témoignent de la valeur intrinsèque de l’art dans la réhabilitation du détenu et l’humanisation du milieu carcéral.

Les JTC, c’est aussi une fête et Tout Tunis vibrera au rythme des créations venues du monde entier… Un jury international aura la lourde mission de décerner les Tanit avec équité. Il sera présidé par Leila Toubel de Tunisie et composé de Lina Abyadh du  Liban, Youssef Al-Hamdan du Bahreïn, José Mena Arbantes de l’Angola, Falah Chaker d’Irak et Abdelwahed Mabrouk en tant que  rapporteur de Tunisie.

A chaque édition ses hommages et ses consécrations, et cette année, les JTC mettent à l’honneur des figures marquantes du théâtre arabe et africain : les comédiens Salwa Mohamed, Alaeddine Ayoub, Fatma Ben Saïdane, Mohamed Yangui et le dramaturge Mohamed Ouni de Tunisie. Ainsi que la comédienne égyptienne Souhir Morchedi, l’acteur syrien Ayman Zaydan, le metteur en scène, poète et conteur malien Habib Dembélé et le comédien irakien Kacem Bayatli.

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