Même en boycottant les produits chers et onéreux, du côté des clients près de leurs sous, pâtissiers, boulangers et autres marchands alimentaires continuent d’écouler leurs marchandises, aux prix qui les chantent et qu’ils désirent.

La cherté de la vie en Tunisie est un phénomène qui se poursuit au fil des ans, au fur et à mesure que la crise économique s’accentue.

Un ras-le-bol généralisé

Rapporté au Smig, salaire minimum garanti de 400 dinars, le prix des aliments et des produits de base fait grincer des dents. Si on prend l’exemple de la France, même s’il n’y a aucune commune mesure avec ce pays ami, uni par la francophonie et partenaire commercial historique important, on réalise le gap alimentaire. Avec un Smic de 1.700 euros en 2022, soit l’équivalent de plus de 5.000 dinars, on mesure le contraste des prix entre les pays des deux rives de la Méditerranée.

En effet, récemment, on est tombés des nues en apercevant un morceau de cheesecake vendu à 11.5 dinars dans une célèbre chaîne de pâtisserie tunisienne. Avec la même proportion, on ne trouvera pas un cheesecake voler aussi haut en France, à 40 euros, soit 130 dinars. Un peu de sérieux est requis en pareille circonstance.

Toutefois, un autre son de cloche défend de telles pratiques abusives au seul motif de la libre concurrence et des prix libres. Sauf que de tels cas font des émules et les autres pâtissiers, qui le vendent encore à 7 dt du côté d’El Manar à Tunis, voudront élever les prix et marger encore toujours plus… De toute évidence, le système de consommation tunisien est dans un cercle vicieux où les bénéficiaires sont rares et le ras-le-bol généralisé.

En parallèle, le système des subventions est à bout de souffle. On l’a dit et redit, il ne profite qu’au secteur informel et aux professionnels en premier lieu, parce qu’ils achètent de grandes quantités d’aliments et ont la mainmise, au détriment des petits consommateurs. Ce qui ne peut plus durer.

Les aliments comme la viande ont dépassé l’entendement, car il faut compter au moins 34 dinars le kilo pour s’en approvisionner. Là aussi on a appelé au boycott, mais ce ne semble pas être une solution idoine et efficace pour contrecarrer la pratique de prix élevés.

Mauvais effets de la pénurie

La pénurie de beurre et de sucre contribue largement à cet état de fait pour des pâtissiers qui raflent les stocks pour continuer à exercer leur activité au pied fort, aux dépens du petit peuple qui trinque en pareille circonstance et paie cher la facture de la mauvaise gouvernance. On favorise les intérêts des professionnels dans les circuits de distribution avant celui des consommateurs. Du coup : beurre, sucre et surtout lait manquent continuellement sauf auprès des détaillants en pâtisserie et les grandes enseignes de pâtisseries.

Le manque de pommes de terre sur le marché depuis quelques semaines, si bien que lorsqu’on en trouve en qualité et en quantités, par miracle, le marchand impose le prix de 4 dt le kilo, le kilo d’oignons à 2 dt.

La sécurité alimentaire ne sera pas assurée avant dix ans, a-t-on annoncé récemment sur nos colonnes, fruit d’une conclusion d’un expert économiste. En attendant, le Tunisien doit résister sur tous les plans et craint pour sa santé avec la pénurie de médicaments qui affecte les soins de certaines maladies chroniques.

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Un commentaire

  1. antonino martino

    29/11/2022 à 07:14

    le smic en france ce n est pas 1700 euro ma 1300. mais le smic est un décision politique. pour comparer il faut considérer le revenue précipita des deus pays.Pour un italien moyen le 11 dinars ce serait come payer en Italie
    à peu près 20 euro. antonino +216.26192111

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