crédit photo : © Mokhtar HMIMA

Il faudra un état d’esprit exceptionnel pour jouer crânement cette ultime chance face à la France et gagner. Et un résultat favorable dans la confrontation Danemark-Australie pour se qualifier et passer en huitième. Le rêve est permis, mais…

Après cinq participations en Coupe du monde sans arriver à passer le premier tour, on est forcés de continuer à espérer jusqu’au bout et à rêver que la sixième serait la bonne. Tant qu’il y a encore un match à disputer et mathématiquement une ultime chance même assez mince d’y parvenir, on doit y croire. Si on pense que c’est pratiquement fini avant même de commencer le match, alors on sera cuits. Les Aigles de Carthage trouveront-ils ces ressources physiques, techniques et surtout mentales d’exception pour éviter l’élimination et le désenchantement ? C’est la question que l’on se pose aujourd’hui avant le coup d’envoi de ce match à enjeu crucial et assez cruel avec les Bleus de Didier Deschamps. Les nouvelles qui nous viennent du camp français ne sont pas bonnes ni rassurantes.  Il y aura de nombreux changements dans l’équipe de France après la qualification assurée en huitième suite à la victoire sur le Danemark mais hormis Dembélé, toute l’armada offensive française sera de la partie. Notre défense aura en face d’elle les redoutables Mbappé,  Giroud, Griezmann et Coman. Une véritable tornade offensive. Si on veut réaliser l’exploit sensationnel et historique de s’octroyer les trois points d’une victoire devenue impérative après la défaite contre l’Australie, il va falloir batailler très dur et faire un match plein et fou avec zéro faute derrière devant une attaque de feu qui ne pardonne pas et beaucoup de réussite devant pour concrétiser les rares opportunités de marquer. Il ne faut pas avoir mal ni dans les jambes ni dans la tête pour ne pas être crispés face au poids de la tâche et pour ne pas craquer sous le coup de cette charge émotionnelle, cette fois des plus terribles. Le sélectionneur Jalel Kadri a un double rôle à jouer dans cette rude épreuve : un bon discours pour détendre l’ambiance et libérer les joueurs de la forte pression et un coaching intelligent et très pointu de ce match d’une importance capitale. C’est tout ce qu’on lui demande pour sauver la face de cette équipe à laquelle la chance a souri et lui a offert sur un plateau, après le nul contre le Danemark, l’occasion inouïe d’être tout près du bonheur de passer le premier tour en venant à bout d’une modeste équipe d’Australie. Si nous avions gagné ce deuxième match décisif, un nul devant la France nous aurait suffi et il aurait été, psychologiquement, largement à notre portée. Dommage qu’on ne soit pas dans une situation pareille et aussi favorable et propice à créer l’histoire et qu’on soit confronté cet après-midi à une mission quasi impossible.

Changements  pas à la pelle 

Jalel Kadri est, certes, devant l’obligation de réagir et de changer quelques éléments de sa formation après la décevante sortie face aux Australiens mais il doit le faire avec toujours ce fil conducteur et  cette cohérence dans les idées et surtout en fonction de la qualité de l’adversaire qu’il a devant lui et de la valeur de son potentiel offensif. Il y aura, à coup sûr, des remaniements dans la défense avec l’éventualité de corriger ce qui n’a pas marché dans le match contre les Socceroos australiens. On peut faire allusion au portier Aymen Dahmen qui porte une bonne  part de responsabilité dans le but de Michell Duke qui a flanqué par terre tout le plan de jeu du match. Béchir Ben Saîd étant encore sous le coup de sa blessure, Dahmen peut être rassuré vu le peu de disponibilité et le manque de compétition de Aymen Balbouli et de Moez Hassen. Le mieux serait pour lui donc de garder Aymen Dahmen en espérant de lui une meilleure prestation surtout qu’il va être très sollicité avec des tirs qui vont fuser de partout en direction de son but. Par contre, Jalel Kadri va devoir changer ses latéraux avec la nécessité de lancer d’emblée Wajdi Kechrida dans le bain sur le couloir droit et de rappeler Ali Mâaloul sur le flanc gauche rien que pour faire taire ses détracteurs. Et puis il aura à trancher entre un axe défensif à trois et le maintien d’une paire d’essuie-glaces au milieu de terrain ou une défense à quatre avec trois demis récupérateurs à l’entrejeu.  Pour plus d’équilibre dans la formation et une transition défense-attaque réussie avec une meilleure projection vers l’avant avec un joueur station derrière le secteur offensif qui pourrait être Mohamed Ali Ben Romdhane. Surtout que le milieu de terrain français sera privé de ses poumons infatigables Rabiot et Tchouaméni et qu’il y a donc possibilité de prendre le contrôle de cette zone-clé.  En attaque, Jalel Kadri doit rectifier ses choix dans les profils de joueurs de couloirs qui auront un grand rôle défensif à faire en plus de leur boulot offensif. Le remplacement de Ben Slimane par Sliti comme ailier droit contre l’Australie a été une erreur stratégique de taille. Il n’ y a pas eu de complicité et de complémentarité entre l’ailier Sliti et le latéral Drager dans le travail défensif de soutien en phase de repli sur les contres des Australiens. Le but encaissé et le second raté d’extrême justesse témoignent de la fragilité de cette association fatale pas très bien étudiée. Surtout que, sur le côté de l’attaque adverse et côté droit de notre défense, il y aura un Kylian Mbappé qui a tenu tête pour jouer et avoir l’opportunité d’augmenter son capital en buts et prendre de l’avance pour le titre de meilleur buteur de cette Coupe du monde. Avec Ben Slimane à droite et Wahbi Khazri décalé à gauche pour donner plus de liberté à Youssef Msakni de jouer en n0 10 comme meneur de jeu et en 9, 5 comme deuxième attaquant de pointe derrière Issam Jebali comme option de départ, ce sera une formule d’attaque  plus équilibrée et plus logique  avec trois joueurs qui ont le sens du but dans un match où on est devant l’obligation de marquer pour l’emporter. Le plus important dans ce match qui sera palpitant, plus que les changements adéquats et régulateurs du système, ce sont les bonnes connexions entre les lignes, la générosité extrême dans les efforts, le mental de fer, la solidarité tous azimuts et le collectif qui prime. Avec toutes ces qualités,  on peut croire à l’improbable, caresser l’objectif le plus osé et le plus fou. A cœurs vaillants, rien n’est impossible même si l’adversaire du jour est une super machine du football mondial et un favori en puissance pour le sacre de champion du monde.

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