Durant le mois de septembre, le nombre des violences rapportées a triplé, atteignant 63 cas de violence ayant pris de l’ampleur sur les médias et les réseaux sociaux.

Comme chaque mois, le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (Ftdes) vient de publier son rapport des mouvements sociaux, suicides, violences et migrations. Durant le mois de septembre, et par comparaison avec les mois précédents, la violence exercée a continué son ascension et ne cesse de prendre de plus en plus d’étendue et d’ampleur.

En effet, septembre se caractère particulièrement par l’intensité plus marquée des actes rapportés. Ces actes de violences ont varié entre meurtres, féminicides, agressions conjugales, matricides, poignardements, défenestration, meurtre d’un douanier lors de l’exercice de son travail… Le nombre des violences rapportées a triplé durant ce mois, atteignant 63 cas ayant pris de l’ampleur sur les médias et les réseaux sociaux.

Tunis en tête du podium

La distribution géographique de la violence n’est pas la même entre les différentes régions. Tunis a enregistré 46,8% des cas de violence rapportée. Ensuite, Kairouan a enregistré 11,3%, suivi de Bizerte, qui a enregistré 6,5% des cas, et Mahdia, Kasserine et Sousse qui ont enregistré le même taux de violence rapportée, à savoir 4,8%. Cette distribution spatiale de la violence dépend de plusieurs facteurs démographiques et sociaux, dont le nombre d’habitants, la marginalisation socioéconomique, la représentation sociale, et les inégalités qui peuvent y exister, etc.

La distribution genre de la violence a également varié. Les hommes demeurent dominants parmi les acteurs des violences. Ils représentent 81% de la totalité des actes rapportés. La représentation exclusive du genre féminin est moindre, car les actes violents où les femmes ont participé en tant qu’actrices s’élèvent à 13,8%. Les actes violents ayant impliqué des acteurs de genres différents en tant qu’agresseurs est minoritaire et se situe à 5,2%.

En ce qui concerne les personnes agressées, les hommes demeurent majoritaires avec 56,9%. Le nombre de femmes agressées augmente avec 29,3% de l’ensemble des personnes agressées. Les victimes de genre mixte sont représentées avec un pourcentage de 10,3% et les 3,4% des personnes agressées sont mortes.

L’observatoire social tunisien rapporte que la violence entre des individus est majoritaire avec un pourcentage de 69,4%, alors que la violence collective est à 30,6%. La violence rapportée s’est exercée à travers différents secteurs. La majorité de la violence, à savoir 83,9%, était criminelle, alors que la violence institutionnelle s’élevait à 3,2%. La violence économique était à 6 ,5% et la violence dont l’objectif est la protestation était représentée à 6,5%.

Les espaces où la violence s’est exercée étaient divers. La rue est le lieu de violence le plus commun, où 46,8% des actes violents sont observés. Les lieux de résidence sont en deuxième position avec un pourcentage de 19,4% d’actes violents. Les établissements scolaires (écoles primaires, collèges, lycées) abritent 17,7% des actes violents. D’autres espaces voient la violence s’exercer, comme les transports publics, les prisons et centres de détention, les espaces virtuels, les administrations, les institutions économiques et les espaces de santé. A noter que la banalisation de la violence contribue à l’augmentation de ses manifestations et à la diversification des espaces où elle s’exerce. Pour l’indignation face aux violences, elle s’observe, mais de manière de plus en plus réduite.

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