L’assassinat de Farhat Hached, le 5 décembre 1952, est intervenu dans un contexte politique où l’illustre syndicaliste, leader du mouvement syndical et chef secret de la résistance nationale, fut sans conteste le maître de la situation à cette époque de la lutte contre la colonisation, multipliant les contacts internationaux en vue d’obtenir l’examen par l’ONU de la question tunisienne et menant à l’intérieur la résistance nationale à un moment où les autres personnalités étaient soit exilées, soit internées ou emprisonnées.

Son assassinat, annoncé dans un tract de la Main Rouge, ne pouvait que débarrasser la France du « plus redoutable des adversaires du moment » afin de permettre à l’autorité coloniale, entre autres choses, d’imposer son programme de réformes à Lamine Bey auprès de qui le leader syndicaliste bénéficiait d’une place privilégiée et dont il était “le conseiller le plus écouté”. Il devrait nous servir de leçon dans cette période où le pays passe par de multiples crises.

D’abord, il faut désamorcer la crise qui a éclaté entre l’Ugtt et le gouvernement le plus rapidement possible. Car en l’absence de partis politiques forts, structurés et bien organisés, seule la Centrale syndicale reste une force sociale et le principal rempart contre les soubresauts qui le guettent. Dans cette phase critique où la classe ouvrière et sociale fait face à une grave érosion de son pouvoir d’achat et subit de plein fouet les effets de l’envolée des prix, l’Ugtt ne doit pas être perçue comme un élément perturbateur qui veut saborder l’accord du gouvernement avec le plus froid des monstres, le FMI, mais comme un acteur dont le souci est de préserver les couches sociales et d’éviter à l’État une colère et une grogne qui enflent à vue d’œil sur le terrain.

En effet, la commémoration du 70e anniversaire de l’assassinat du leader Farhat Hached devrait être une occasion pour rétablir le dialogue entre l’Ugtt et le gouvernement pour rallumer ensemble les moteurs de la croissance dans le pays et pour ouvrir de nouveau les lucarnes de l’espoir.

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