Comment s’annonce 2023 ?  La relance économique sera-t-elle effective en Tunisie? L’économie tunisienne, sera, certes, impactée, à l’instar de tous les pays du monde, par la situation de l’économie mondiale et régionale, qui n’est pas inédite. En dépit des circonstances actuelles, le gouvernement devrait s’engager dans une réforme profonde et sérieuse des différents dossiers prioritaires, afin d’améliorer les indicateurs macroéconomiques nationaux qui sont en berne depuis des années.

Il devrait faire en sorte que nos politiques conjoncturelles soient à la hauteur des défis, qu’elles soient synchronisées au mieux, et appliquées efficacement. Il faudrait aussi que les réformes structurelles programmées soient réalisées, car tout recul sera coûteux. Les finances publiques seront aussi mises à rude épreuve en 2023, avec même un risque de report de nombreux investissements publics, surtout si le coût d’endettement continue à grimper. 

Les acteurs économiques esquissent, d’ores et déjà, un diagnostic de la situation et des enjeux qui pointent à l’horizon en 2023. Car le spectre des crises mondiales pourrait bouleverser irrévocablement les prévisions économiques de tous les pays. 

L’économie mondiale est confrontée à des difficultés considérables depuis le début de l’année 2022 et jusqu’à aujourd’hui. La croissance s’est essoufflée, tandis que la forte inflation s’est généralisée à l’ensemble des pays et des produits et s’avère persistante. Les risques sont orientés à la baisse. Les ruptures d’approvisionnement énergétique pourraient faire encore grimper les prix. Les hausses de taux d’intérêt, nécessaires pour juguler l’inflation, accentuent les vulnérabilités financières. La guerre que mène la Russie en Ukraine accroît les risques de surendettement dans les pays à faible revenu, mais aussi d’insécurité alimentaire.

Selon les récentes projections, la croissance mondiale devrait se replier de 6% en 2021 à 3,2% en 2022 et 2,7% en 2023. La crise hybride, qui frappe durement l’économie mondiale, a impacté négativement le coût de la vie, les conditions financières des Etats et des ménages et l’approvisionnement général (énergie et aliments). Le  FMI précise, dans ce sens, « qu’il s’agit du profil de croissance le plus morose depuis 2001, si l’on excepte la crise financière mondiale de 2008 et le pic de la pandémie du Covid-19 ».

Aussi, l’inflation mondiale, que beaucoup espéraient passagère, demeurera soutenue, passant de 4,7% en 2021 à 8,8% en 2022, avant de pouvoir revenir à 6,5% en 2023 et 4,1% en 2024. Les retombées et la durée de la hausse des prix mondiaux sont minutieusement suivies et de nouveaux chocs sur l’énergie et les denrées alimentaires sont à craindre, vu les conditions climatiques et géostratégiques tendues dans de nombreux pays du monde. « Le non-alignement des politiques monétaire et budgétaire et les difficultés entravant ainsi l’engagement des réformes nécessaires dans les pays émergents retardent le rétablissement de la stabilité des prix et exacerbent les tensions sociales ».

Dans ce contexte mondial marqué par la succession de deux chocs, la crise pandémique et le conflit russo-ukrainien, l’incertitude et les risques ne cessent d’augmenter. Les perspectives restent marquées par un niveau élevé d’incertitudes et des risques baissiers liés notamment à l’évolution de la situation géopolitique et les effets qui en découlent, en particulier les perturbations des chaînes d’approvisionnement et la pénurie des produits de base.

Charger plus d'articles
Charger plus par Najoua Hizaoui
Charger plus dans Supplément Economique

Laisser un commentaire