«2023-2025 sera la période de sortie de crise qui balise la voie vers une croissance plus soutenue au cours de la période quinquennale qui va suivre», a affirmé Lotfi Fradi, président du Comité général des équilibres globaux et des statistiques au ministère de l’Economie et de la Planification.

C’est lors d’un webinaire organisé récemment par l’Iace sous le thème «Les défis d’exécution du plan triennal 2023-2025» que les intervenants ont fait un tour d’horizon des enjeux de développement au cours de la période à venir.

Les projections de croissance étaient l’un des premiers points ayant fait l’objet de discussion. Alors que le membre de l’Iace, Ahmed Rjiba, estimait que le taux de croissance prévu dans le plan est «insuffisant» et que, pour sortir de la crise économique, le pays a besoin de croissance vigoureuse qui dépasse les 5%, Fradi a expliqué que les hypothèses qui sous-tendent le plan de développement sont prudentes et tiennent compte de l’instabilité de la conjoncture internationale.

Mettre en marche les secteurs productifs

Il a ajouté, en ce sens, que les deux tiers des experts redoutent une récession économique mondiale en 2023. «Si on arrive à mettre en marche les secteurs productifs, notamment celui des phosphates, on espère réaliser une croissance soutenue et améliorer les indicateurs économiques», a précisé, dans ce contexte, Rjiba.

En tout état de cause, selon le représentant du département de la planification, le taux de croissance est tributaire du rythme de mise en œuvre des réformes structurelles, lesquelles réformes nécessitent un «effort» et «une maîtrise institutionnelle».

Il a ajouté, en somme, que le partenariat public-privé (PPP) constitue un choix stratégique pour le gouvernement, précisant que la Tunisie peut tirer profit de plusieurs secteurs porteurs à forte valeur ajoutée qui ouvrent des opportunités importantes tels que les énergies renouvelables, les industries automobile, aéronautique et agroalimentaire.

Selon le responsable, le port en eaux profondes d’Enfidha est l’un des projets structurants qui seront réalisés dans le cadre du PPP et dont l’exécution sera accélérée au cours de la période à venir.

Le plan prévoit, également, la construction d’une zone logistique avoisinante et une ville intelligente dans cette même région. D’ailleurs, les contrats pour le lancement des travaux seront signés au cours du premier semestre 2023, affirme le responsable. «Notre économie est de petite taille. La solution consiste à réaliser un saut qualitatif. Ceci n’est possible qu’à travers les grands projets structurants», a-t-il indiqué.

Listes négatives

Evoquant le travail effectué par le gouvernement sur l’amélioration du climat des affaires, Fradi a rappelé que l’année 2022 a vu la suppression de 27 autorisations désormais incluses dans la liste négative des activités économiques soumises à autorisation et que, très prochainement, une deuxième liste négative comprenant 42 autorisations sera approuvée par un Conseil des ministres.

De son côté, Hager Karâa, cheffe de département des études au sein de l’Iace, a fait savoir que le nouveau plan de développement doit tenir compte des lois protectionnistes adoptées par les partenaires économiques de la Tunisie, telles que la taxe carbone aux frontières, qui peuvent freiner la croissance des exportations tunisiennes vers l’Union européenne, pointant, dans ce même contexte, l’absence de textes d’application relatifs à la loi sur l’économie sociale et solidaire, un des secteurs privilégiés par ledit plan.

Evoquant la dynamisation de l’écosystème des start-up en tant qu’orientation principale du plan triennal, l’intervenante a rappelé que la loi «start-up Act 1» présente déjà des lacunes et que les problèmes de financement et d’accompagnement persistent et entravent les start-uppeurs à s’imposer même sur le marché local. Elle a, en outre, ajouté que dans ce contexte de récession économique que traverse le pays, la diplomatie économique devrait tourner à plein régime afin d’encourager les investisseurs à percer d’autres marchés.

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