Match nul !

LE Front populaire a joué dans ses deux versions deux matchs vitaux mais aux scores non définitifs, l’un auprès du Tribunal administratif de Bizerte, l’autre au sein de l’ARP, là où les neuf démissionnaires ont fondé un nouveau groupe parlementaire entériné par le bureau de l’Assemblée portant le même nom que l’ancien dissous d’office.

La bataille de la légitimité commence ainsi par «un but partout», ce score auquel s’est attachée l’équipe nationale de football à la CAN.

Dans cette seconde bataille nationale pour la «patente», le camp de Hamma Hammami a eu gain de cause quant au maintien de sa liste de candidats en vue des élections municipales partielles de Thibar. Alors qu’en face, les neuf démissionnaires mettant en cause le leadership de Hamma Hammami ont vu Abdelfattah Mourou annoncer l’acceptation de leur nouveau groupe parlementaire au nom du Front populaire.

Certes, la victoire des frontistes de Hamma Hammami reste tributaire d’un recours en appel, mais personne ne sait quelles pourraient être les mises en cause opposables à l’officialisation de ce nouveau groupe homonyme.

Après l’empoignade que se sont livrée les Nida, nous assistons donc à un nouveau feuilleton en quête de légitimité.

Mais ces batailles vaines ne font, en réalité, qu’éroder l’image et la popularité de la maison mère, qu’il s’agisse de Nida ou du Front. Un front de gauche désormais fragmenté, affaibli, incapable de peser lors des votes à l’ARP. Mais dont les deux branches continuent de prétendre affaiblir le poids électoral d’Ennahdha et braver la cause des couches défavorisées.

Ayant réussi à rassembler douze partis de la gauche radicale en une coalition qui a su donner forme à ses aspirations, le Front laisse un vide préjudiciable en cette veille d’élections nationales.

L’affrontement pour s’approprier un nom symbolique de l’unité des rangs ne fait que dévier de tous les nobles enjeux de principe. C’est à un autre «match nul» que la scène politique donne à voir.

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