Des drames évitables

Editorial La Presse

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En moyenne, quatre personnes trouvent la mort dans des accidents de la route en Tunisie. L’Observatoire de la sécurité routière tire encore un fois la sonnette d’alarme sur l’horreur de ce fl éau, alors que les routes de notre pays sont classées parmi les plus dangereuses au monde.
Mais malgré toutes les actions de sensibilisation, les faits restent têtus et même si nous évitons de mettre des visages sur ces victimes, leurs familles et leurs proches portent leur deuil comme une fatalité, alors que plusieurs vies auraient pu être sauvées. Où réside la faille ? Dans des lois molles ? Celle du Code de la route qui a moins de force que les autres lois ou dans la permissivité des agents de la police routière ?
Il y a forcément un lien évident entre un recul du contrôle routier et la hausse du nombre des accidents et des victimes. Car enfreindre le Code de la route est encore considéré en Tunisie comme une simple infraction à laquelle on peut facilement échapper même si cette infraction est hautement dangereuse et pourrait entraîner mort d’homme.
Faire appliquer la loi est une mission juste et légitime. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’est pas tolérable que des conducteurs puissent échapper aux sanctions en soudoyant certains agents ou en faisant intervenir leurs connaissances pour annuler les amendes ou éviter un retrait de permis. A quoi servirait alors d’exiger un contrôle plus rigoureux, si dans le même temps, les sanctions ne sont pas appliquées. Oui, il faut durcir les lois et sévir pour sauver des vies et empêcher des handicaps lourds pour les survivants. Oui, il faut changer les lois, limiter plus la vitesse pour que les Tunisiens deviennent plus prudents qu’auparavant et que leur changement d’attitude soit durable. Car, selon le sondage effectué par l’Observatoire de la sécurité routière, ces morts résulteraient d’abord d’un défaut de comportement.
D’après ce sondage, 40,16 % des automobilistes ne respectent pas la limitation de vitesse et 57% d’entre eux font fi du port de la ceinture de sécurité, alors que 86, 5% des jeunes automobilistes (18/24 ans) déclarent utiliser le téléphone portable au volant ! Nous sommes donc confrontés à une insécurité routière qui exige une lutte acharnée et sans scrupule à l’encontre de tous ceux qui enfreignent les lois de la route tout autant que celle menée contre les délinquants et les criminels.

Un commentaire

  1. Moncef Jeddi

    14/02/2023 à 13:29

    Vous écrivez « En moyenne, quatre personnes trouvent la mort dans des accidents de la route en Tunisie. Il y a quatre morts parc jour?, par heure? par mois?ou par an. On aimerait bien le savoir.

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