Plus 80 migrants portés disparus au large de la Tunisie: un corps rejeté par la mer

Un corps de femme noyée a été rejeté par la mer sur les côtes tunisiennes, a-t-on appris de sources concordantes quelques jours après le naufrage d’une embarcation lundi, avec plus de 80 migrants à bord selon le témoignage de l’un des trois survivants.

Ce corps a été trouvé la nuit de jeudi à vendredi sur la plage de Zarzis, une ville côtière du sud de la Tunisie, a indiqué à l’AFP le porte-parole de la garde nationale, Houcem Eddine Jebabli.

« Il s’agit d’une femme à la trentaine et son corps n’était pas en état de décomposition. Elle faisait sûrement partie des migrants portés disparus », a affirmé de son côté le président du bureau régional du Croissant-Rouge à Zarzis, Mongi Slim.

Selon la même source, son corps et celui du migrant ivoirien mort mercredi dans un hôpital de Zarzis après avoir été secouru en mer, ont été transférés à l’hôpital de Gabès (sud) pour des analyses ADN.

« Ils seront probablement enterrés par des volontaires du Croissant-Rouge dans l’ancien cimetière des migrants », près d’un dépôt de déchets. Le nouveau cimetière pour les migrants « avec des normes acceptables respectant l’être humain, est toujours en construction et ne sera prêt que d’ici deux mois », a indiqué M. Slim.

Des recherches sont toujours en cours au large de Zarzis pour trouver d’autres corps, a-t-il ajouté.

Plus de 80 migrants partis de Libye pour l’Italie ont fait naufrage entre la Libye et la Tunisie laissant craindre des dizaines de morts, selon le témoignage d’un des trois survivants ayant passé deux jours accrochés à ce qu’il restait du bateau.

« On a passé deux jours comme ça, accrochés au bois », a raconté à l’AFP Soleiman Coulibaly, un jeune Malien sauvé in extremis mercredi par un bateau tunisien.

« On était environ 80 », « des Guinéens, des Ivoiriens, des Maliens, des Burkinabés », égrène-t-il, la gorge nouée. « Il y avait quatre femmes, une enceinte, une avec son bébé, et toutes sont restées dans l’eau », a-t-il ajouté.

Selon le haut commissariat de l’ONU aux réfugiés, « la Méditerranée est depuis plusieurs années la voie maritime la plus meurtrière au monde pour les réfugiés et les migrants, avec un taux de mortalité qui a fortement augmenté » en 2018.

Les navires humanitaires, qui dénoncent des entraves croissantes à leur action, sont de moins en moins nombreux à parcourir la zone.

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