IL ne passe plus un jour sans que les infos nous fassent part d’un accident de la route ou des chemins de fer, avec son lot de morts et/ou de blessés. Et on devrait s’estimer heureux et toucher du bois du fait que nous sommes épargnés par les accidents aériens. Les raisons, outre la bénédiction de Dieu, la réputation professionnelle de nos pilotes connus à l’échelle mondiale pour leur formation et leur compétence de grande qualité. Mais encore, notre transporteur national, également, Tunisair en l’occurrence, a de tout temps joui d’une réputation en béton basée sur le sérieux et la rigueur de ses dirigeants et ses employés. Finalement, tout a une explication. Si bien qu’il n’est pas hasardeux d’avancer que l’augmentation du nombre des accidents routiers et ferroviaires n’est ni le fruit du hasard ni le fait du mauvais sort. Les raisons de cette malédiction existent dans les failles techniques, de gestion et financières et dans les erreurs humaines qui plombent le secteur du transport et le rend meurtrier. La responsabilité d’un grave accident incombe forcément à tous ses protagonistes.

Parmi ces failles, qui ont été dénoncées à maintes reprises de l’intérieur même de la Sncft, la vétusté du matériel roulant et la non-adéquation du nouveau matériel à la très ancienne infrastructure ferroviaire, le manque de maintenance et d’investissements, la mauvaise gouvernance et son corollaire, la corruption. Le déraillement de train des voyageurs, qui  s’est produit lundi dernier au niveau de Kalâa Kebira (gouvernorat de Sousse), qui a fait 21 blessés, et pour lequel une enquête a été ordonnée pour en définir les responsabilités, a été, lui aussi, justifié par l’état défectueux  des rails, notamment par le ministre du Transport.

Du côté de la route, le mauvais état des infrastructures et l’incapacité financière de mettre en place un réseau autoroutier quadrillant le territoire sont des facteurs déterminants, mais l’imprudence et le non-respect des consignes de limitation de vitesse par les conducteurs demeurent le véritable fléau qui fauche encore des centaines de vies humaines chaque année.

Le fléau des accidents est certes mondial et la conjoncture économique est difficile dans nombre de pays, si bien que dans certains pays européens, on a commencé à réfléchir sur le remplacement du rail par d’autres moyens de transport. Dans nos murs, le train a encore de beaux jours devant lui. Il est encore très populaire auprès des voyageurs et très utile dans l’industrie, notamment dans le transport de notre richesse nationale, le phosphate. Raisons pour lesquelles, le gouvernement a pris l’initiative d’acquérir, à travers un appel d’offres international, 110 nouveaux trains, outre le lancement d’un plan de rénovation progressive du réseau ferroviaire en commençant par les zones les plus détériorées. Mais ce ne sera pas suffisant. Il faut y ajouter de la rigueur et bannir l’impunité. Quant aux accidents de la route, un seul mot d’ordre : sévir contre les chauffards.

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