Il est des décisions qui marquent un changement radical dans les rapports établis entre les pouvoirs publics et les acteurs de la société civile considérés, désormais, comme des partenaires à la voix écoutée qui participent directement à la gestion de la chose publique.
Malheureusement, ce genre de décisions ne bénéficient pas de la promotion médiatique qu’elles méritent d’autant plus qu’elles interviennent souvent dans les régions intérieures du pays et n’intéressent pas des affaires à caractère politique ou des tiraillements partisans.
Ainsi, quand le tribunal cantonal d’Agareb (gouvernorat de Sfax) ordonne, sur pétition des citoyens de la région, «l’arrêt immédiat de l’utilisation de la décharge des déchets d’El Gonna pour taux de pollution supérieur au seuil toléré», l’on est en droit de souligner que quelque chose a profondément changé en ce sens que les doléances des citoyens sont, désormais, prises en considération, que sont écoutées et appréciées les voix des citoyens protestant contre les dérives et prouvant que ces mêmes dépassements constituent des crimes ou des délits qui sont sanctionnés par la justice.
La nouveauté est que les relations autorités publiques-citoyens sont désormais fondées sur des principes solides dont en premier lieu celui du respect de l’intérêt général.
Des rapports où la justice joue un rôle fondamental dans la lutte contre les dépassements, qu’ils soient commis par les citoyens ou par les représentants des pouvoirs publics.
Et l’enseignement le plus significatif à tirer de l’affaire de la décharge d’El Gonna est bien de reconnaître que la loi est désormais placée au-dessus de toutes les considérations et que personne ou un quelconque pouvoir ne peut plus se comporter ou agir en ayant la conviction qu’aucune sanction ne peut le toucher.
La leçon nous vient d’Agareb, région de l’intérieur du pays où les habitants ont compris qu’ils peuvent arrêter la détérioration de leur environnement en recourant à la justice et en comptant aussi sur le courage et l’intégrité des juges qui ont rendu le jugement en question.
Pourvu que l’exemple d’Agareb fasse des émules.

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