L’ES Métlaoui dépense trop sur le mercato : Pourquoi cette frénésie ?

Dans le monde impitoyable du football moderne, où les enjeux financiers se multiplient sans cesse, certains clubs semblent succomber à une frénésie de recrutement dévorante, délaissant leurs pépites prometteuses végéter dans les catégories des jeunes.

Un exemple inquiétant de cette frénésie qui sévit lors du mercato estival se trouve à l’ES Métlaoui, connue pour ses investissements colossaux destinés à étoffer son effectif, mais au détriment de l’épanouissement de ses jeunes. C’est un club dévoré par les achats impulsifs au détriment des pépites des catégories des jeunes qui sont négligées.  Et pour cause, depuis son accession parmi l’élite, il y a 10 ans, l’Etoile minière s’est érigée comme l’un des acteurs majeurs du marché estival des transferts. Certes, l’ESM n’est pas le seul exemple, mais au vu d’une trésorerie agonisante et des entrées d’argent irrégulières, cette fièvre risque de faire mal pour  beaucoup de raisons.

Retenir la leçon

Le climat compétitif et les exigences immédiates du football professionnel poussent certains clubs à privilégier l’expérience et la sécurité que peuvent apporter des footballeurs aguerris. L’ESM en est un exemple édifiant, même s’il n’est pas le seul dans ce cas. Cependant, dans d’autres contrées, certains clubs ont démontré qu’il est possible de concilier succès sportifs et valorisation de la formation, avec un intérêt manifeste pour les produits du cru. En misant sur les jeunes talents donc, ils ont non seulement réalisé d’importantes économies, mais ont également réussi à construire des équipes compétitives et pérennes. Certains clubs tunisiens ont déjà assimilé la leçon.

Il est ainsi impératif de citer, en premier lieu, ce besoin urgent des résultats et la satisfaction à peine voilée des supporters, en recrutant pêle-mêle. Un indice  que certains responsables feignent ne pas voir : l’ESM recrute par saison, depuis une décennie, une moyenne de 16 joueurs. Pour ce club qui ne peut se targuer d’être parmi les « riches », la masse salariale annuelle des joueurs avoisinerait un million de dinars!  Dans le club phare du bassin minier, les jeunes semblent être relégués au second plan et ne peuvent donc faire étalage de leurs potentialités.

Constat alarmant

C’est un constat alarmant, mais qui reflète cette nonchalance envers les catégories du cru. Au cours des deux dernières saisons, seuls deux jeunes joueurs ont émergé pour figurer parmi les seniors. Il s’agit de Yassine Mejdi et Yassine Dinari. Le bât blesse surtout au niveau de cette négligence cruelle envers les catégories des jeunes, sur fond d’un cadre technique non qualifié, et loin de répondre aux normes requises de la formation qualifiée dans la sphère footballistique, la plus précieuse mais aussi la plus délicate. Pour les pépites  minières, un seul terrain est réservé pour 17 catégories de jeunes, une absence affligeante d’un programme de formation pour ces jeunes laissés pour compte.

D’autre part, il est primordial de signaler qu’à l’ESM, cette préférence pour les achats des joueurs, souvent à prix d’or, entraîne un déséquilibre dans la pyramide des âges de l’équipe première.

C’est aussi porter un coup de massue à l’identité du club en plombant davantage une trésorerie déjà suffocante.

Aujourd’hui donc, il est urgent pour l’exécutif de revoir sa politique de recrutement et de réaffirmer son engagement envers les jeunes du cru. C’est aussi une condition sine qua non pour renforcer l’identité d’un club jadis réputé disposer d’une pépinière qui a fait les beaux jours de clubs huppés.

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