Et pourtant. On avait failli croire aux maléfices du Chott El Jerid, ce lac de sel propice aux mirages et aux légendes. L’an passé, le 21 juillet très exactement, Amir Bengacem s’était lancé un défi personnel : être le premier athlète à franchir, en courant, et en solitaire, le plus grand lac salé d’Afrique. Soit quelque 70 km au cœur d’un des écosystèmes les plus dangereux, les plus sauvages et les mieux préservés du désert. Un coup de chaleur et une déshydratation extrême l’avaient poussé à s’arrêter à quelques kilomètres de l’arrivée. Le dragon, sur le dos duquel repose le Chott selon la légende, veillait et lui avait enlevé la victoire.
Mais c’était compter sans la volonté et l’obstination de cet athlète de haut niveau. Sans son rêve aussi, car seuls les rêves peuvent vaincre les dragons. Dimanche dernier, à la nuit tombée, Amir Bengacem reprenait sa course. Parti des berges sud du chott, il arrivait sur les rives nord, soit à Tozeur 10 h plus tard, à 8h30 le lendemain matin. Ceci avec une température oscillant entre 46 et 55 degrés. Cette aventure passionnelle et passionnante l’avait entraîné sur un circuit de 70 km, longuement préparé par une équipe de professionnels, encadré et approuvé par les autorités locales.
Le dragon dompté, le Chott vaincu, son défi relevé, Amir Bengacem peut se consacrer en toute sérénité à la préparation du marathon Ultra Mirage prévu pour la rentrée prochaine. Qui, lui, signalons-le tout de même, n’empruntera en aucun cas ce circuit.
ALYA

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