CSS — Un Bilan désastreux en Coupe arabe : Mauvaise option et faux calculs

 

Anis Jerbi croyait avoir bien fait en privilégiant un résultat d’aucune utilité à la manière. Il pouvait parler de tout sauf d’un exploit.

Un jeune entraîneur qui fait ses premiers pas et qui est en train de se construire une carrière et un avenir ne doit pas régler ses comptes avec le club, qui lui a tendu la première perche pour le faire connaître et le sortir de l’ombre, par une déclaration à chaud devant caméras et micros. Surtout après un bilan désastreux, une élimination dès le premier tour, un maigre point en trois matches et aucun but marqué dans plus de 270 minutes de jeu. Car même lors du premier match perdu contre la formation irakienne d’Al-Shorta, Anis Jerbi tirait les ficelles dans l’ombre de Hossem El Badri comme adjoint avant de prendre sa place comme chef de staff lors des deux dernières rencontres avec Al-Ittihad et l’Espérance. Le grief que fait Anis Jerbi au Comité directeur du CSS est d’avoir annoncé la veille du match contre l’Espérance la conclusion d’un accord avec Nabil Kouki pour prendre en main l’équipe dès la fin du parcours en Coupe arabe et de la préparer pour le coup d’envoi du championnat le 19 août. «L’annonce de cette décision a perturbé les joueurs au niveau mental et ils ne l’ont pas du tout appréciée», a-t-il révélé, rouge de colère. Bref, du n’importe quoi pour camoufler son échec à lui de réaliser l’exploit de passer au second tour et d’éviter d’être l’un des responsables de ce triste bilan et de cette désagréable désillusion.

Un football des années 60/70

Anis Jerbi peut toujours se vanter d’être parvenu à faire match nul contre l’Espérance et d’avoir obtenu le seul point du CSS dans cette Coupe arabe mais il ne s’est pas attardé, a oublié et fermé les yeux sur la manière qui était, elle, pitoyable. Jamais, les Sfaxiens, grands adeptes du football spectacle, n’avaient joué avec dix joueurs recroquevillés derrière dans le seul objectif de défendre leur cage, de ne pas encaisser de but et d’arracher le nul même dans la douleur et avec beaucoup de frayeurs. Et si la chance ne leur avait pas souri avec ce nombre incalculable, ce record des «Sang et Or» en nombre d’occasions créées et ratées et en ballons (8 au total) sur le poteau du gardien Sabri Ben Hassen ? Le discours arrogant du coach Anis Jerbi aurait, à coup sûr, changé. Que le CSS ait joué correctement le jeu et défendu crânement ses chances pour une victoire pour l’honneur, c’est de bonne guerre. Mais on aurait préféré que cette volonté de terminer le parcours sur une note gaie eût été faite, en l’absence de pression forte, avec la manière. Avec un jeu plus équilibré, un meilleur équilibre entre vigilance nécessaire derrière mais aussi audace et générosité devant souhaitée. Un point au classement définitif, c’est important mais zéro but marqué c’est inquiétant. Il aurait mieux valu perdre en jouant bien, en mettant deux ou trois buts à l’Espérance que de s’octroyer ce point du nul vierge qui n’a pas changé le destin du CSS en Coupe arabe en jouant mal et contre nature. Ce 3-5-2 qui s’est transformé en 5-4-1 constant, ça n’a pas été du tout beau à voir. Surtout que malgré ce choix hyper défensif, ce bloc hermétique, il y a eu plusieurs failles dans le béton et plus de 10 ballons qui, à quelques centimètres près, auraient pu finir aisément derrière la ligne du but du portier sfaxien. Si Anis Jerbi prend ça pour une excellente performance des siens, pour un exploit, eh bien il se trompe sur toute la ligne. Ce n’est pas de cette manière, avec ce football à l’italienne des années 60/70 que le CSS va redorer son blason terni et revenir au sommet. Le football a beaucoup évolué et, pour avoir une grande équipe qui joue les premiers rôles, il faut être efficace dans les deux surfaces. Dans sa surface de réparation comme dans les trente derniers mètres de sécurité de l’adversaire. Heureusement pour les Sfaxiens que Nabil Kouki sera bientôt aux commandes pour rectifier cette dérive et reconstruire un groupe mieux équilibré dans ses trois compartiments, qui défend bien, mais qui séduit aussi par son jeu offensif et qui joue plus pour gagner que pour ne pas perdre.

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