Une bonne nouvelle a été annoncée récemment : le gouvernement compte créer des terrains de quartier dans chaque gouvernorat pour renouer avec les méthodes utilisées jadis et qui ont fait leurs preuves. Les méthodes ont permis, en effet, de découvrir des joueurs de talent qui ont joué pendant un bon moment en équipe nationale. Certains de ces talents ont  été même recrutés par des équipes étrangères en Europe et dans le Golfe.


Le football est incontestablement le sport préféré des Tunisiens. On l’a constaté lors des Coupes d’Afrique des nations. Une grande partie des citoyens se débrouillent comme ils peuvent pour suivre les différents matchs de la compétition, à la maison ou dans les cafés qui sont pleins à craquer. L’essentiel est de ne pas rater une minute de ces matches,notamment ceux où l’équipe nationale est présente. Mais les Tunisiens ne veulent pas se contenter de regarder les matchs, ils veulent jouer, eux aussi, à ce sport pour montrer leur talent. C’est une occasion également pour se défouler et se distraire pendant quelques heures. D’où l’importance des stades de quartier qui ont vu, par le passé, naître de grands joueurs qui ont rapidement intégré de grandes équipes de foot comme le Club Africain, l’Espérance Sportive de Tunis, l’Avenir sportif de La Marsa et autres.

Ces joueurs, devenus plus tard professionnels, ont débuté leur carrière footballistique en tant qu’amateurs, dans les terrains de quartier dont la plupart étaient mal aménagés. Après la sortie des classes, ces jeunes passent le plus clair de leur temps dans ces terrains en organisant des matchs entre deux quartiers voisins. Ces terrains de quartier, qui sont éparpillés dans presque toutes les régions de la République, ont permis de découvrir de vrais talents qui ont su s’imposer dans leurs équipes. Pour intégrer une équipe d’amateurs, rien ou presque n’est exigé. Il suffit que le joueur soit en bonne condition physique, motivé et disponible lors des matchs organisés.

Place au professionnalisme

Avec l’institution du professionnalisme depuis quelques années, ces terrains de quartier ont commencé à diminuer. En effet, les différentes équipes ont aménagé leur centre de formation au sein même du parc d’entraînement. Les  jeunes qui veulent entamer une carrière footballistique n’ont qu’à adhérer à l’un de ces clubs et à tenter leur chance. Les conditions de recrutement sont devenues certes plus rigoureuses dans la mesure où, en plus des conditions physiques et de la motivation, le candidat doit avoir du talent. C’est que les clubs veulent avoir un sportif de haut niveau capable d’ajouter le plus à l’équipe et de se distinguer non seulement au niveau national mais aussi au niveau international.

Le football est devenu ainsi une vraie spécialité qui a ses critères et ses normes à respecter par tout candidat qui veut se lancer dans ce sport populaire. Certains jeunes sont refusés pour la simple raison que les places  ne sont plus disponibles. Pourtant, ces jeunes sont talentueux et motivés. Ils sont obligés, dans ce cas, de renoncer à leur activité sportive et d’emprunter un autre chemin. Le niveau d’instruction des joueurs qui veulent s’adonner au football diffère d’un candidat à un autre. En effet, on peut trouver des joueurs dont le niveau est primaire alors que d’autres sont de niveau universitaire ou supérieur. L’âge idéal pour commencer à jouer à ce sport est de 12 ans. C’est à partir de cet âge que le jeune peut entamer sa carrière sportive tout en continuant ses études. Au fil des ans, il gravit les différents échelons pour atteindre l’équipe sénior. C’est à ce moment- là que l’équipe peut compter sur lui pour remporter des titres et des consécrations. Un investissement colossal est consenti pour chaque joueur pour parfaire sa formation et le rendre apte à se produire dans des matchs de dimension internationale.

Retour aux terrains de quartier

Cependant, une bonne nouvelle a été annoncée récemment : le gouvernement compter créer des terrains de quartier dans chaque gouvernorat pour renouer avec les méthodes utilisées jadis et qui ont fait leurs preuves. Ces méthodes ont permis, en effet, de découvrir des joueurs de talent qui ont eu un long bail en équipe nationale. Certains de ces talents ont été même recrutés par des équipes étrangères en Europe et dans le Golfe. Même au niveau international, les terrains de quartier ont vu naître de grands joueurs comme l’inoubliable Pelé, cette icône du football brésilien que personne ne peut oublier. Pelé a commencé sa carrière dans un terrain de quartier et s’est fait remarquer par un responsable d’un club pour l’intégrer dans l’équipe professionnelle.

Le retour aux terrains de quartier est un choix judicieux car il va permettre de donner l’opportunité aux jeunes qui se trouvent dans les régions, et qui sont souvent laissés pour compte, de montrer leur talent et d’être recrutés dans des clubs de foot s’ils donnent satisfaction. Mais un terrain de quartier, pour qu’il soit valable, doit être bien aménagé et équipé de certaines commodités. Il est préférable que le terrain en question soit gazonné, doté de l’éclairage public et de bancs pour les spectateurs. Le terrain pourrait être pourvu aussi de vestiaires pour que les joueurs puissent prendre leur douche, une fois la partie terminée. Evidemment, par le passé, les terrains de quartier étaient dépourvus de toutes ces commodités. Les joueurs se contentaient de jouer dans un terrain sablonneux sans éclairage ni vestiaires. Et pourtant, des jeune compétences y ont été formées et ont su s’imposer dans des clubs réputés.

Aujourd’hui, le football professionnel est rémunéré à coup de millions de dinars. Un joueur de qualité peut percevoir une somme faramineuse en contrepartie de ses performances. C’est l’une des raisons qui poussent les jeunes à opter pour cette activité sportive. Les grands clubs en Tunisie comme dans tous les pays ne lésinent pas sur les moyens pour prendre en charge un joueur de niveau international.

Monter une équipe performante

L’objectif recherché à travers ces terrains de quartier prévus dans les quatre coins de la République est de dénicher une nouvelle génération de joueurs de qualité, capables de représenter la Tunisie dans les grandes compétitions internationales comme la Coupe d’Afrique des nations et la Coupe du monde. Le travail doit se faire à partir de ces terrains de quartier qui constituent de vrais centres de formation et d’entraînement. Les équipes de quartier seront supervisées par des entraîneurs reconnus pour leur compétence. Les joueurs les plus doués peuvent être intégrés dans des clubs professionnels et c’est l’entraîneur qui est apte à donner son jugement sur la valeur des compétences. Dans ce cas, le joueur peut évoluer progressivement dans son club pour atteindre le stade du professionnalisme. Il doit être soutenu et assisté par des coachs durant toute sa carrière pour pouvoir donner une meilleure prestation. Des stages à l’étranger ainsi que des matchs contre des sparring partners étrangers pourraient parfaire la formation du joueur et élever son niveau compétitif. En attendant, les municipalités sont appelées à identifier les espaces qui pourraient être aménagés en tant que terrains de quartier. Dans le cadre du plan d’aménagement du territoire, la commune doit prévoir un terrain situé dans une zone appropriée pour le transformer en un petit stade réservé aux activités footballistiques. Le ministère de la Jeunesse et des Sports apportera sans doute son soutien à ce projet d’envergure qui va permettre d’éclore de nouvelles compétences capables de hisser haut le drapeau de la Tunisie dans les compétitions locales, continentales et internationales.

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