Rôle et enjeux du financement des PME

Editorial La Presse

L’Association tunisienne des petites et moyennes entreprises tire la sonnette d’alarme. En cause, 200 mille entreprises sont confrontées à de sérieuses difficultés. Plus de 135 mille ont jeté l’éponge, des dizaines de milliers de postes d’emploi perdus et plus de 7000 chefs d’entreprise ont dû quitter le pays à défaut de maintenir leurs activités à flot et d’honorer leurs engagements financiers. Le bilan de l’environnement industriel, notamment celui des petites et moyennes entreprises, est ainsi plus qu’alarmant.

Le tableau est sombre et d’autant plus grave qu’il concerne un segment sur lequel repose, du moins en grande partie, la politique de développement nationale. Les dernières statistiques relèvent, en effet, que les PME représentent 95% de notre tissu entrepreneurial, contribuent aux alentours de 50% au PIB national et fournissent près de 70% des emplois du secteur privé.

Les deux années de pandémie et la guerre entre l’Ukraine et la Russie ont, certes, beaucoup aggravé les difficultés de ces entreprises et impacté négativement leurs performances et leur santé financière, mais la stratégie nationale relative à ce secteur d’activité n’a pas aidé, elle non plus, ces petites entités à acquérir les outils nécessaires leur permettant de résister aux chocs et surtout de se relancer.

Tous les experts reconnaissent que les obstacles des PME sont récurrents et structurels. Le principal problème pointé est d’ordre financier. On estime, en effet, que la difficulté d’accéder au financement nécessaire et l’absence de structures d’appui spécialisées empêchent lesdites entreprises d’investir, de se moderniser, d’élargir leurs activités et de travailler en réseau, notamment avec des partenaires étrangers.

Les experts relèvent également que les exigences de garanties contraignantes et les demandes de prêts de plus en plus complexes empêchent la majorité des petites entités à s’inscrire dans une tendance de profitabilité durable. Ce qui explique ce manque de pérennité. D’ailleurs, selon les mêmes statistiques, plus de 50% des petites et moyennes entreprises tunisiennes rencontrent de sérieux problèmes avec les banques.

La contrainte financière explique le problème d’approvisionnement des PME tunisiennes en matières premières. Cette catégorie d’entreprises n’arrive toujours pas à s’approvisionner suffisamment et surtout à créer des stocks de sécurité lui permettant de gérer les périodes de crise, faute de liquidité à long terme.

Une étude de la Banque mondiale retient d’ailleurs que « le marché financier et les institutions d’épargne contractuelle qui constituent les principales sources de financement à long terme ne sont pas encore pleinement développés en Tunisie ». Et c’est ce même souci financier qui a amené la même institution à prévoir un prêt de 120 millions de dollars au titre « d’un projet d’appui au redressement économique » des PME tunisiennes. Ce qui devrait « aider ces entreprises à résoudre leur problème de liquidité ».

Cependant, pour bien tirer profit de cet appui, il est indispensable de l’attribuer à des compétences professionnelles avérées. Cela est d’autant plus vrai que les petites entreprises ne disposent pas, dans leur majorité, d’un capital humain qualifié car, comme l’attestent les spécialistes, « nos universités et notre système éducatif, en général, n’ont pas pris en considération l’importance de l’entrepreneuriat et les évolutions du marché du travail ». D’où « cette rupture entre ce que proposent les établissements éducatifs et ce dont ont besoin les entreprises ». Une occasion de repenser la problématique sérieusement.

Un commentaire

  1. Dr. E. Moudoud

    25/09/2023 à 22:52

    QUELLE TRAGÉDIE…UN CRIME CONTRE LA PATRIE…CE SONT DES GENS DANS LEUR GRANDE MAJORITÉ PAS DU TOUT ‘CONNECTÉS À LA ‘MAFIA’ DE LA BM ET DU LAC DE TUNIS… LA PLUPART SONT ENCORE ENTRE ‘LE FORMEL’ ET…’L’INFORMEL’… NOS BANQUES LES ‘MÉPRISENT’…POURTANT ELLES FONT VIVRENT PLUS DE 50% DES ‘MÉNAGES TUNISIENS’ …COMPARÉ À NOTRE ‘SECTEUR FORMEL’ – NOS ENTREPRISES PUBLIQUES’, ET SURTOUT ‘LES ‘PARASITES’ DE NOTRE ‘FONCTION PUBLIQUE’…VIVE LA TUNISIE. VIVE LA RÉPUBLIQUE. VIVE KAIS SAIED. BOURGUIBA NE MOURRA JAMAIS…JAMAIS.

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