Agriculture urbaine: Entre production saine et rentabilité économique

Entre sécurité alimentaire, lien social, reconnexion avec la nature, l’agriculture urbaine tend à devenir un facteur incontournable de la transition écologique. Il s’agit, selon la définition adoptée par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), de «Culture de plantes et l’élevage d’animaux à l’intérieur et autour des villes pour fournir des aliments frais, créer des emplois, recycler les déchets et renforcer la résilience des villes au changement climatique».

Comment se nourrir tous alors que la population et les centres urbains s’agrandissent et que les réserves de la planète s’épuisent ? Des solutions existent, certaines sont très originales comme de cultiver en ville.

L’agriculture urbaine et périurbaine (AUP) est aujourd’hui d’actualité en Tunisie parce qu’elle devient une préoccupation des politiques territoriales et des stratégies agri-urbaines en termes de gestion et de durabilité des milieux.

Favoriser la biodiversité

Comme partout dans le monde, cette technique agricole se  présente sous forme de zones de maraîchage et d’élevage dans les villes et en périphérie des villes. Selon les spécialistes, les espaces agricoles peuvent être aménagés directement sur le sol, dans les jardins résidentiels et communautaires ou sur les toits des bâtiments. Les fruits et légumes sont cultivés en plein air ou sous serre. L’agriculture urbaine utilise différentes méthodes de production comme la culture en pleine terre, la culture hydroponique (les végétaux baignent dans un liquide nutritif), l’indoor (culture en intérieur, à la lumière artificielle), l’aquaponie (culture en radeaux et bassins) ou encore la culture en bacs.

Elle vise à valoriser les déchets organiques produits dans les villes tout en favorisant la biodiversité. Les serres situées sur les toits aident à lutter contre les îlots de chaleur et optimisent le confort thermique des bâtiments. Les fermes urbaines jouent aussi un rôle social important en créant des emplois locaux et en tissant des liens entre les citadins et le monde rural. Elles contribuent à améliorer la santé des habitants via la consommation de produits durables. L’agriculture urbaine offre de nombreux avantages, dont le principal est la production en cycle court. Après avoir été récoltés, les fruits et légumes sont vendus sur des marchés à proximité ou directement au consommateur. Cela permet de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées au transport, mais aussi d’économiser l’énergie nécessaire au stockage.

Des avantages, mais… !

Selon la FAO, le rendement de l’agriculture urbaine est potentiellement 15 fois supérieur à celui des zones rurales. Une surface de culture d’un mètre carré permet de produire 20 kg de nourriture par an. Néanmoins, les fermes urbaines ne permettent pas aux villes d’être autosuffisantes. Dans certaines villes, où l’expérience a déjà été menée, le manque d’espace au sol, l’inclinaison des toits et le manque d’accès à l’eau limitent les capacités de production.

D’après la même source, le principal inconvénient de l’agriculture urbaine est l’impact potentiel de la pollution des villes sur les produits. La pollution des sols peut, en effet, être transmise aux végétaux et nuire à la santé des consommateurs. Il est donc indispensable de surveiller la qualité des sols et des substrats dans lesquels poussent les végétaux. Par ailleurs, la pollution atmosphérique due aux particules fines en suspension peut poser problème, c’est pourquoi les cultures en hauteur sont privilégiées.

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