CSS | Laadhar marche sur un terrain miné : Entre ambition légitime et dure réalité

 

Jawhar Lâadhar s’apprête et se bat pour s’imposer comme candidat incontournable et homme de sortie du bout du tunnel et du renouveau du CSS, mais ce gros challenge n’est pas facile à relever   

Si l’actuel président du Comité de direction provisoire, Jawhar Lâadhar, a gagné par points le bras de fer qu’il a entamé avec le haut comité de soutien dans son ancienne composition (avant la montée au pouvoir du duo Mondher Ben Ayed et Ahmed Masmoudi) et a réussi à éloigner des figures emblématiques qui, à ses yeux, appartiennent désormais à un passé pas très glorieux, voire triste, cela ne veut pas dire qu’il a déblayé tout le chemin qui pourrait le mener à la présidence du club de la capitale du Sud. Il n’a obtenu qu’un second répit sous forme d’un court deuxième mandat de trois mois pour réfléchir deux fois avant de s’engager et de présenter sa candidature officielle pour une mission de longue durée avec un projet clair et ambitieux.  L’homme donne plus l’impression d’hésiter et de gagner du temps en attendant que le vent tourne favorablement en sa faveur. Et ce vent favorable, ça ne peut être que de bons résultats et le retour à la tête du groupe après le faux pas contre l’Espérance qui a relégué l’équipe à la troisième place.

Atouts joués

Il a donc commencé par le premier atout qui pourrait lui faire atteindre cet objectif : l’entraîneur Nabil Kouki. Arrivé le 4 août, ce technicien, sur qui reposent tous les espoirs du sursaut et de la reconstruction, a mis beaucoup de temps pour faire l’état des lieux et s’engager dans la durée. Ce qui est apparu anormal pour un public qui en avait marre de cette instabilité dans la direction technique qui allait en couple avec le long flou administratif. Jawhar Lâadhar a réussi,  sous la pression, à mettre fin au long feuilleton et à faire signer à Nabil Kouki un contrat d’une année avec accord des deux parties. Mais il faut avouer que c’est bien maigre comme premier acquis. En juin 2024, si le CSS sort les mains vides du championnat, sans titre et sans billet de retour pour la Ligue des champions africaine ou, au pire des cas, pour la Coupe de la CAF, ce sera un nouveau divorce entre Nabil Kouki et le CSS et le retour pratiquement à la case départ. Le second feuilleton sur lequel semble piétiner Jawhar Lâadhar est celui du renouvellement du contrat de Alâa Ghram. Le jeune arrière central sfaxien fait passer et perdre le temps au Comité de direction provisoire pour atteindre la date du 1er janvier 2024 qui lui permettra de signer un pré-contrat avec le club de son choix et bénéficier quasiment seul d’une grosse indemnité de transfert en tant que joueur libre à partir de juillet 2024. «On mettra fin à ce feuilleton dans une semaine», promet Jawhar Lâadhar, mais tout le monde sait que c’est de la simple poudre aux yeux, car l’opération demande de gros sacrifices financiers impossibles en ces temps-ci avec la nouvelle interdiction de recrutement qui vient de frapper le CSS et qui doit être levée avant l’ouverture du prochain mercato estival. Le même problème se pose pour Naby Camara que Nabil Kouki aimerait conserver dans son effectif, mais ce joueur s’entête lui aussi et met la barre trop haut pour prolonger son contrat. Deux cas épineux à résoudre autant que la levée de la nouvelle interdiction de recrutement et la bonne marche de l’équipe dans la phase aller sont à résoudre par Jawhar Lâadhar avant  la fin des trois mois de grâce qu’il s’est offerts pour convaincre le public de son profil et la carrure de président issu des urnes. Le challenge est tentant et enchantant, mais c’est loin d’être une mince affaire.

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