Tournage de films étrangers, une manne à reconquérir

Editorial La Presse

 

Le samedi 28 octobre, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat,  Moez Bel Hasssine, a effectué une  visite dans le gouvernorat de Tataouine. Dans son discours, il a évoqué les mesures prises en vue de soutenir le secteur de l’artisanat et de mettre en place un organisme de gestion de destination (DMO) dédié à la promotion du tourisme saharien.   Le ministre a également parlé de l’importance de ces régions du sud qui ont abrité le tournage de superproductions étrangères. En effet,  ces  films tournés dans le Sud tunisien  ont fait le tour du monde, médiatisant ainsi l’image de notre pays efficacement.  C’était plus impactant que plusieurs campagnes  promotionnelles. La relation organique entre les productions étrangères en Tunisie et le tourisme n’est plus à démontrer. Les retombées publicitaires grâce à la couverture médiatique des vedettes internationales séjournant parmi nous est un élément de promotion exceptionnel pour notre tourisme.

Au-delà des répercussions positives sur le secteur, ce genre de productions créateurs d’emplois contribuent au recyclage de nos techniciens et de nos acteurs avec des équipements technologiques sans cesse en évolution. Game Of Thrones, dont une partie a été tournée au Maroc, a drainé un grand nombre de touristes chez nos voisins. Les statistiques soulignent qu’un visiteur sur six a été influencé par la série qui a déterminé le choix de sa destination. 61 milliards de dollars de recettes touristiques proviennent des visiteurs du site de tournage de la même série dans le nord de l’Irlande. De 1970 à 2010, plus de 250 films ont été tournés en Tunisie. En effet, nous pouvons citer, Indiana Jones, Pirates, Star Wars, Le Patient Anglais qui a été nominé 11 fois et reçu 9 oscars, Le Tigre et la Neige, L’Or Noir, Anno Domini, Jesus Bambino, Jesus de Nazareth, etc. 

Après le 14 janvier 2011, le rythme de tournage est tombé. Ainsi pendant les  six dernières années, moins de huit films étrangers ont vu le jour sous nos cieux. Aujourd’hui, le décor de Stars Wars dans le Sud tunisien  est dans un état de déliquescence.  En 2015, une note commune  au ministère des Finances  annule une loi de 1992, qui exonère le tournage de films étrangers de la TVA. Cela fait de la Tunisie le seul pays au monde où les films étrangers paient une taxe de tournage, ce qui a amené les superproductions à se tourner vers d’autres cieux. Harrison Ford, qui a tourné son premier Indiana Jones en Tunisie — un film qui a fait de lui une vedette internationale  et dont il garde un bon souvenir — était présent au dernier festival de Cannes. Aucune  invitation officielle ne lui a été adressée pour venir fêter les quarante ans de son tournage en Tunisie au pavillon tunisien à Cannes. Une visite qui aurait fait une immense promotion du Sud tunisien.

Par conséquent, une meilleure coordination entre le ministère des Affaires culturelles et celui du Tourisme est souhaitée afin d’attirer le tournage des superproductions. Et pourquoi ne pas traiter cette question au niveau du gouvernement  et non plus au niveau des ministères ? 

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