L’incontournable transition énergétique

Editorial La Presse

 

Les experts sont unanimes : la Tunisie ne saurait maîtriser son déficit budgétaire, promouvoir la création de valeurs et, par conséquent, améliorer ses indicateurs macroéconomiques, sans une transition énergétique bien accomplie.

On reconnaît que notre pays, bien qu’il se soit fixé comme objectifs stratégiques de réduire sa demande d’énergie fossile de 30% d’ici à 2030, de baisser les émissions à effet de serre de 45% par rapport à 2010 et d’atteindre notamment la neutralité carbone en 2050, tarde encore à entreprendre les bonnes dispositions et de leur assurer les financements nécessaires.

Les différents programmes prévus à cet effet sont restés malheureusement de simples notes d’orientation.

Une attitude fortement pénalisante, surtout que les coûts des subventions énergétiques connaissent ces dernières années une tendance haussière préoccupante. En 2023, les dépenses énergétiques ont représenté 4,4% du PIB. Cette moyenne serait vraisemblablement beaucoup plus élevée en 2024.

Toutes les projections internationales s’attendent justement à une envolée spectaculaire du prix du baril de pétrole. On parle déjà de seuils inédits qui risquent même d’avoisiner les 100 dollars le baril. Une vraie catastrophe pour les finances publiques, d’autant que le budget pour 2024 a été établi sur la base de 80 dollars le baril. Et l’on se demande franchement ce que serait la riposte des décideurs si cette éventualité se traduisait au concret. Certainement, on aura recours à la même thérapie. C’est-à-dire une loi de finances rectificative. Une pratique bien courante ces dernières années et qui n’arrangerait en rien la situation critique de nos finances. Bien au contraire.

Cette complexité impose aujourd’hui à notre pays l’accélération du processus de transition énergétique. Car on ne peut plus se contenter de gérer l’immédiat, il faut repenser sérieusement l’avenir, quitte à consentir des sacrifices aussi douloureux soient-ils. Ce qu’on est d’ailleurs en train de faire ces dernières années.

La transition énergétique aura en effet pour mérite de contribuer à réduire, dans une première phase, une source importante du déficit budgétaire et par la suite, conduire, même progressivement, à un modèle de développement résilient, économe et surtout fortement adapté aux nouvelles exigences climatiques. Un modèle qui nous permettrait, sans aucun doute, de nous engager dans une ère post-fossile avec beaucoup plus de certitude.

Certes, cette transition nécessite des investissements très lourds, et peut affecter le pouvoir d’achat des catégories défavorisées, mais qu’elle qu’en soit la facture, elle serait moindre au regard des dépenses actuelles.

Sans oublier que les organisations et les instances internationales, en cas de projets concrets et sérieux, réservent des financements assez conséquents. Il suffit de rappeler, à juste titre, que l’Accord mondial sur la biodiversité, conclu à Montréal en 2022, a prévu plus de 200 milliards de dollars de financements nationaux et internationaux.

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